À Mukamira, les tomates deviennent un moteur d’autonomisation des femmes
Sous les serres de Mukamira dans le district de Nyabihu, les tomates ne représentent plus seulement une récolte. Elles deviennent progressivement une source de revenus, un outil d’autonomie et une nouvelle perspective pour les femmes de la coopérative TUZAMURANE.

Cette dynamique était au cœur de la troisième réunion du Comité de pilotage du projet AFeHo Mukamira, tenue le 26 août 2026. Une trentaine de participants, réunissant autorités locales, experts, partenaires et représentants de la coopérative, se sont retrouvés pour faire le point sur les progrès réalisés et préparer la prochaine étape du projet.
Soutenu par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à travers son programme “La Francophonie avec Elles”, et mis en œuvre avec la facilitation d’ARECO-RWANDA NZIZA, le projet vise à renforcer l’autonomisation économique des femmes grâce au développement d’une filière horticole capable de mieux résister aux effets du changement climatique. La culture de tomates sous serre constitue l’une de ses principales activités.
De la serre au marché
À Mukamira, le projet est déjà passé de la démonstration à la production. En janvier 2026, la coopérative TUZAMURANE avait enregistré sa première récolte de tomates issues de la serre de démonstration. Cette première production avait permis de tester le potentiel de la culture sous serre et de préparer la commercialisation des récoltes.

Le 26 août, une nouvelle étape a été franchie avec l’inauguration officielle du comptoir de vente appelé en Kinyarwanda “KU NYANYA”, destiné à la commercialisation des tomates et d’autres produits horticoles.
Pour les femmes de TUZAMURANE, cette infrastructure doit permettre de rapprocher la production des consommateurs et de mieux organiser la vente. Le projet avait d’ailleurs prévu dès le début la mise en place d’un marché de légumes de proximité pour faciliter l’écoulement des récoltes.
Les participants ont également salué la mise en place d’une deuxième serre, qui permet une meilleure rotation des cultures et une diversification de la production. Les tomates sont ainsi complétées par d’autres produits horticoles, notamment le poivron.
Consolider les acquis
Mais produire davantage ne suffit pas. Pour que cette activité transforme durablement la vie des bénéficiaires, le Comité de pilotage a insisté sur la formation, l’organisation et l’accès au financement.
Les participants ont recommandé de renforcer les campagnes de sensibilisation et de formation des membres de la coopérative afin de garantir leur appropriation du projet et la durabilité des acquis.
Ils ont également appelé à mesurer les changements économiques et sociaux enregistrés dans les ménages bénéficiaires. L’objectif est de savoir concrètement dans quelle mesure les revenus tirés de l’horticulture améliorent les conditions de vie des femmes et de leurs familles.

Face aux risques climatiques, aux maladies et aux parasites, le comité a recommandé la souscription d’une assurance agricole pour les cultures sous serre, ainsi qu’une meilleure rotation des cultures et un entretien régulier des plantations.
L’accès au financement constitue également un enjeu. La coopérative devra être accompagnée afin de profiter des possibilités offertes par le programme VUP et par d’autres mécanismes de financement.
Une ambition au-delà des tomates
Le projet veut aussi élargir les produits disponibles au comptoir “KU NYANYA”, améliorer les emballages et privilégier les solutions Made in Rwanda pour faciliter le transport des produits par les clients.
Une meilleure tenue des registres de production, de vente et des documents comptables a également été recommandée afin d’assurer une gestion transparente et de faciliter les contrôles et audits.
À Mukamira, l’enjeu dépasse donc la production de tomates. Il s’agit de construire progressivement une activité économique capable de résister aux aléas climatiques, de créer des revenus et de donner aux femmes davantage de contrôle sur leurs moyens de subsistance.
Avec la deuxième serre, le comptoir “KU NYANYA” et les prochaines activités prévues jusqu’à la fin du projet en octobre 2027, Mukamira entend faire de l’horticulture un véritable levier d’autonomisation et de développement local des femmes.

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