Prévention et réponse aux pandémies: “La préparation ne peut pas commencer lorsque la crise arrive”, souligne le Premier ministre Nsengiyumva
En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le Premier ministre Nsengiyumva a également participé, le 23 septembre à New York, à une discussion de haut niveau consacrée à la préparation aux pandémies et à la résilience sanitaire mondiale.
Organisée par le Pandemic Fund avec les gouvernements du Rwanda et de l’Arménie, cette rencontre a mis en avant les investissements nationaux et les financements nécessaires pour renforcer les systèmes de santé et mieux préparer les pays aux futures menaces sanitaires.
Le Premier ministre Nsengiyumva a appelé à transformer les engagements internationaux en investissements durables dans les systèmes nationaux de santé.
Il s’exprimait le 23 septembre 2026 à New York, lors de cet événement de haut niveau organisé en marge de la 81ᵉ Assemblée générale de l’ONU, consacré à la manière dont les investissements nationaux renforcent la résilience sanitaire mondiale, réunissait des ministres, des partenaires au développement, des responsables du Pandemic Fund et des délégués.

Préparer les systèmes avant les crises
Pour le Premier ministre, le défi est désormais clair: renforcer la préparation aux pandémies alors que les financements consacrés à la santé diminuent et que l’attention internationale accordée après la pandémie de Covid-19 s’est progressivement déplacée.
Il a notamment cité les effets du changement climatique, la pression sur les écosystèmes ainsi que l’intensification des déplacements des personnes et des animaux, autant de facteurs susceptibles de favoriser l’apparition et la propagation de nouveaux agents pathogènes.
“La préparation ne peut pas commencer lorsque la crise arrive”, a-t-il souligné, en s’appuyant sur l’expérience du Rwanda face aux épidémies de Covid-19, de mpox et surtout de Marburg en 2024.
Lors de cette dernière épidémie, le Rwanda disposait déjà de réseaux de surveillance, de laboratoires, d’agents de santé communautaires et d’établissements hospitaliers pouvant être mobilisés rapidement. Le pays a officiellement déclaré la fin de l’épidémie le 20 décembre 2024, après 66 cas confirmés, dont 15 décès, avec un taux de létalité de 22,7 %.
Investir entre deux crises
Dr Nsengiyumva a insisté sur la nécessité d’investir entre les crises plutôt qu’au moment où elles surviennent. Selon lui, les systèmes de préparation doivent faire partie intégrante des services de santé ordinaires et non constituer des dispositifs parallèles activés uniquement en situation d’urgence.
Le partenariat du Rwanda avec le Pandemic Fund s’inscrit dans cette approche. Il contribue notamment au renforcement des systèmes One Health, de la surveillance des maladies et des capacités de laboratoire, avec la construction d’un laboratoire national de référence vétérinaire destiné à accélérer la détection des maladies zoonotiques.
Le Premier ministre a également plaidé pour des ressources nationales prévisibles et des financements internationaux suffisamment stables pour permettre aux pays de planifier et de maintenir leurs capacités de préparation.
À l’approche de la réunion de haut niveau de l’ONU, il a appelé à passer des engagements aux résultats mesurables au niveau national: inscrire la préparation dans les budgets publics, assurer des financements prévisibles et soutenir les mécanismes déjà opérationnels.
Une responsabilité qui dépasse les frontières
Pour le Rwanda, aucune préparation nationale ne peut toutefois suffire face à des menaces qui traversent les frontières. La coopération avec les pays voisins, les institutions régionales et les partenaires internationaux demeure donc essentielle.
“La prochaine menace peut apparaître n’importe où”, a rappelé le Premier ministre, soulignant que personne ne peut savoir à l’avance quel agent pathogène émergera, où il apparaîtra ni à quelle vitesse il se propagera.
En revanche, a-t-il estimé, les pays peuvent décider dès maintenant de la capacité de leurs systèmes à y répondre.
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