“Pour que l’IA serve l’humanité, il faut réussir en Afrique et partout ailleurs”- Le Premier Ministre Nsengiyumva
En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies (UNGA81), à New York, le Premier ministre rwandais, Dr Justin Nsengiyumva, a participé, le 24 septembre 2026, à une rencontre de haut niveau consacrée à la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) et à la préparation aux crises. Organisée par AI Safety Connect (AISC), la rencontre a réuni des chefs d’État et de gouvernement, ministres, diplomates, dirigeants de l’industrie de l’IA et experts.
Le Rwanda veut tirer parti de l’IA tout en maîtrisant ses risques
Dans son intervention, Justin Nsengiyumva a expliqué que le Rwanda, comme de nombreux pays représentés à cette rencontre, ne développe pas de modèles d’IA de pointe. Le pays cherche plutôt à exploiter ces technologies pour réduire certains écarts et renforcer ses capacités dans les hôpitaux, les écoles et le monde du travail, tout en expérimentant déjà leurs applications.
Le Premier ministre a toutefois souligné les risques liés au déploiement de systèmes conçus ou testés dans des contextes différents de ceux des populations qui les utilisent. Lorsque ces systèmes échouent, a-t-il relevé, les conséquences peuvent être particulièrement lourdes pour les populations disposant de moyens limités pour y faire face.
Pour le Rwanda, la question de la gouvernance de l’IA n’est donc pas abstraite. Elle doit notamment permettre de répondre à trois interrogations:
- les systèmes sont-ils sûrs?
- sont-ils fiables?
- qui est responsable lorsqu’un problème survient ?
L’évaluation indépendante doit devenir un mécanisme
Dr Justin Nsengiyumva a estimé que ces questions restent difficiles à résoudre, notamment parce que des méthodes fiables permettant de garder le contrôle sur des systèmes d’IA hautement autonomes n’existent pas encore.
Il a également évoqué les discussions récentes au sein de l’industrie, notamment la position exprimée par Dario Amodei, directeur général d’Anthropic, en faveur d’un ralentissement du rythme d’évolution des capacités des modèles d’IA, position soutenue ensuite par d’autres responsables du secteur.
Pour le Premier ministre, cette évolution doit conduire à élargir la réflexion au-delà des entreprises et des pays qui développent ces technologies. Il a relevé que la gouvernance de l’IA se construit actuellement dans deux espaces distincts: d’un côté, les principaux laboratoires élaborent des normes entre eux; de l’autre, les gouvernements négocient avec leurs homologues, y compris ceux qu’ils considèrent comme des rivaux.
Selon lui, la majorité des pays qui ne développent pas ces technologies et ne participent pas directement à ces discussions seront pourtant concernés par leurs conséquences.
Le Rwanda propose de renforcer les capacités africaines
Le Premier ministre a appelé à avancer sur deux fronts: faire de l’évaluation indépendante des systèmes d’IA un véritable mécanisme et renforcer les capacités d’évaluation dans les pays qui ne disposent pas encore de telles compétences.
Il a indiqué que le Rwanda propose un accès partagé aux tests ainsi que la mise à disposition d’expertise, tandis que l’Agence nationale de l’IA du Rwanda est prête à servir de plateforme régionale pour contribuer au développement de ces capacités en Afrique.
“Pour que l’intelligence artificielle serve l’humanité dans son ensemble, nous devons réussir en Afrique, et partout ailleurs”, a déclaré Justin Nsengiyumva.
Un échange sur la transformation numérique
En marge de cet événement, le Premier ministre a également rencontré Deemah Al Yahya, secrétaire générale de l’Organisation de la coopération numérique (DCO). Les échanges ont porté sur les possibilités de renforcer la coopération dans les domaines de la transformation numérique, de l’innovation et de l’inclusion, ainsi que sur l’utilisation responsable des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle.
La rencontre “Governing at the Speed of AI” s’inscrivait dans une initiative de coordination internationale sur la préparation aux crises et la gouvernance de l’IA, organisée pendant la semaine de haut niveau de l’UNGA81.
Skip to content

