Décès de Suzanne Nyiranyamibwa: Le ministre Bizimana salue une voix de la mémoire et de la resilience
La chanteuse rwandaise Suzanne Nyiranyamibwa, décédée le vendredi 16 octobre 2026 à l’âge de 83 ans, laisse derrière elle un héritage musical profondément lié à l’histoire du Rwanda, à la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi et à la reconstruction du pays. Dans un hommage empreint d’émotion, le ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Jean-Damascène Bizimana, salue une artiste qui a consolé les survivants, porté l’espérance et chanté l’amour du Rwanda.
“Repose en paix, mère, sœur, amie de beaucoup, digne fille de ses parents, Suzanne Nyiranyamibwa.” C’est par ces mots que le ministre ouvre son hommage à celle dont la voix a accompagné des générations de Rwandais dans les moments de douleur comme dans ceux de rassemblement.
Il se souvient notamment de sa présence lors des commémorations du génocide, où elle chantait pour réconforter les survivants et honorer les victimes. Ses chansons, écrit-il, ont aidé de nombreuses personnes à traverser le deuil et à retrouver la force de continuer à vivre.
Parmi ses œuvres marquantes figure Ese mbaze nde ? (« À qui puis-je demander ? »), composée au lendemain du génocide de 1994. La chanson exprime la détresse des survivants confrontés à la perte de leurs proches, aux églises remplies de corps, aux orphelins inconsolables et aux veuves meurtries. Mais, au cœur de cette douleur, Suzanne Nyiranyamibwa invitait aussi à ne pas céder au désespoir.
Une voix au service de la mémoire
Jean-Damascène Bizimana rappelle également les chansons qui ont accompagné la lutte de libération du Rwanda, notamment celles dans lesquelles l’artiste appelait au retour au pays, à l’unité et au rejet de la haine. Pour lui, ces œuvres témoignent d’un engagement artistique qui dépassait le divertissement.
Au fil des années, la chanteuse s’est rendue dans plusieurs lieux de mémoire à travers le pays pour participer aux commémorations et soutenir les survivants. De Nyanza à Nyamata, de Murambi à Bisesero, sa voix a contribué à faire de certains moments de recueillement des espaces où la douleur pouvait côtoyer la dignité et l’espérance.
Originaire de Nyanza, Suzanne Nyiranyamibwa avait quitté le Rwanda en 1973, avant de vivre en République démocratique du Congo puis en Belgique. Elle y avait notamment contribué à la création de la troupe culturelle Isamaza, qui rassemblait des Rwandaises autour de la danse et des traditions nationales. Après plus de quatre décennies à l’étranger, elle était revenue s’installer au Rwanda en décembre 2016.
Pour le ministre, l’artiste laisse bien davantage que des chansons: un témoignage de courage, de solidarité et d’attachement au Rwanda. Il évoque notamment Humura Nyanza (“Courage, Nyanza”), une œuvre qui porte un message de résistance et d’espérance face à la destruction.
“Nous continuerons à nous souvenir de l’héritage d’amour mutuel et d’amour du Rwanda que tu nous laisses”, écrit-il, avant de lui adresser un dernier adieu emprunté à la foi chrétienne: “Requiescat in pace Domine”, qu’elle repose en paix auprès du Créateur.
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