Les États-Unis sanctionnent des magistrats de la CPI
Les États-Unis ont annoncé, mercredi 20 août 2025, de nouvelles sanctions contre quatre magistrats de la Cour pénale internationale (CPI), dont un juge français et un canadien. Sont également visés deux procureurs. Washington reproche à la Cour ses procédures contre des soldats américains en Afghanistan et ses mandats d’arrêt visant des dirigeants israéliens, dont Benjamin Netanyahu.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a désigné Kimberly Prost (Canada), Nicolas Guillou (France), Nazhat Shameem Khan (Fidji) et Mame Mandiaye Niang (Sénégal), accusés d’avoir participé à ces enquêtes. Les sanctions prévoient l’interdiction d’entrée aux États-Unis, le gel des avoirs et l’interdiction de transactions financières.
La CPI a dénoncé une attaque « flagrante » contre son indépendance et un « affront » aux victimes de crimes à travers le monde. Elle affirme qu’elle continuera son mandat «sans tenir compte des pressions ou des menaces».
Ces sanctions s’ajoutent à celles de février contre le procureur Karim Khan et à celles de juin contre quatre magistrates.
La France a exprimé sa « consternation » et sa solidarité avec les juges visés, jugeant la décision américaine « contraire au principe d’indépendance de la justice ».
Washington, de son côté, considère la CPI comme «une menace pour la sécurité nationale», accusant l’institution d’être « politisée » et utilisée comme un instrument de guerre juridique contre les Etats-Unis et Israël. Les procédures sur l’Afghanistan et les mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et Yoav Gallant sont particulièrement contestées par Washington.
Netanyahu a salué la décision américaine, la qualifiant d’« action décisive » contre « une campagne de diffamation » visant Israël et son armée, estimant qu’elle œuvre « en faveur de la vérité et de la justice ».
SOURCE: FRANCE 24 & AFP

