Francophonie: le Rwanda soutient Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat à la tête de l’OIF
Le Rwanda a officiellement décidé de présenter Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). L’annonce a été faite par le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, dans un entretien accordé en exclusivité à Jeune Afrique.
À dix mois du 20ᵉ Sommet de la Francophonie, prévu en novembre prochain à Phnom Penh, au Cambodge, le Rwanda prend ainsi une longueur d’avance dans le processus de désignation. Le deuxième mandat de Louise Mushikiwabo arrivant à échéance le 31 décembre 2026, et la période de dépôt des candidatures devant s’achever fin avril, le président Paul Kagame a tranché en faveur d’une reconduction de son ancienne ministre des Affaires étrangères.
Lors de la 46ᵉ Conférence ministérielle de la Francophonie, tenue à Kigali et clôturée le 20 novembre, Louise Mushikiwabo avait indiqué avoir été encouragée par plusieurs États membres à se représenter. Elle avait toutefois précisé que la décision finale relevait de la consultation avec son pays d’origine, le Rwanda.
Avec une pointe d’humour, elle avait alors évoqué la nécessité de “vérifier l’âge de la retraite au Rwanda”, tout en soulignant que toute candidature devait s’inscrire dans un cadre institutionnel clair, concerté et respectueux des règles de l’organisation.
Lire aussi: À Kigali, la 46ᵉ Conférence de la Francophonie se clôture sur trois priorités majeures
Selon Olivier Nduhungirehe, les encouragements exprimés par plusieurs États membres lors de cette conférence ont constitué un signal politique fort, que le Rwanda a pris en considération. Après évaluation du bilan de la secrétaire générale et concertation avec l’intéressée, le Rwanda a donc décidé de soutenir officiellement sa candidature lors du sommet de Phnom Penh.
Depuis son arrivée à la tête de l’OIF en 2019, Louise Mushikiwabo a conduit l’organisation dans un contexte marqué par des défis majeurs. Sous son leadership, l’OIF s’est engagée dans une transformation institutionnelle profonde, visant à renforcer sa crédibilité politique, sa lisibilité et son efficacité opérationnelle, tout en redéfinissant ses priorités politiques, culturelles et économiques.
Si elle est réélue en novembre prochain, Louise Mushikiwabo deviendrait la deuxième secrétaire générale de l’OIF à effectuer trois mandats, après l’ancien président sénégalais Abdou Diouf. Le Rwanda se dit confiant quant à l’issue de cette candidature, estimant que le bilan de la secrétaire générale plaide en faveur de la continuité à la tête de l’institution francophone.
La candidature de Louise Mushikiwabo devra désormais être examinée par l’ensemble des États membres de l’OIF, dans la perspective du sommet de Phnom Penh, où se jouera l’avenir de la direction de l’organisation pour les prochaines années.

