Donald Trump lance un Conseil de la paix sans l’appui des grandes puissances
Donald Trump a lancé son Conseil de la paix jeudi à Davos, lors d’une cérémonie de signature réunissant une trentaine de pays. Présenté comme une nouvelle organisation internationale destinée à promouvoir la stabilité et la paix durable, ce projet peine toutefois à convaincre les grandes puissances et plusieurs alliés historiques des États-Unis.
Sur les 60 États invités, seuls 35 ont accepté de rejoindre le Conseil, parmi lesquels figurent notamment l’Arabie saoudite, la Turquie, la Hongrie ou encore la Biélorussie. En revanche, aucune grande puissance, ni la Chine, ni la Russie, ni l’Inde, n’a confirmé sa participation.
Les alliés traditionnels de Washington ont également adopté une attitude prudente. La France a décliné l’invitation, le Royaume-Uni n’a pas encore adhéré et la Chine n’a pas répondu officiellement. La Russie, de son côté, dit encore étudier la proposition. La liste officielle des membres n’a pas été transmise.
Un projet perçu comme un rival de l’ONU
Plusieurs facteurs expliquent ces réticences. Le premier est la crainte que ce Conseil constitue un substitut aux Nations unies. Bien que le projet ait initialement été conçu pour contribuer à la résolution de la guerre à Gaza, son champ d’action a été élargi à l’ensemble des régions touchées par des conflits.
Le préambule de la charte critique explicitement les institutions existantes, accusées d’avoir échoué, et appelle à s’en écarter au profit d’une organisation jugée plus “agile et efficace”. La Norvège et la France ont notamment alerté sur le risque de fragiliser le système multilatéral et le rôle central de l’ONU.
Un Conseil sous contrôle étroit de Donald Trump
Un autre point de friction réside dans la concentration du pouvoir entre les mains de Donald Trump. Bien que les décisions soient théoriquement prises à la majorité des États membres, elles doivent être approuvées par le président du Conseil, ce qui lui confère un droit de veto de facto. Trump est également le seul habilité à inviter ou exclure des membres, sauf opposition des deux tiers des États.
Son mandat est particulièrement étendu : il peut désigner son successeur et ne peut être remplacé qu’en cas de démission volontaire ou d’incapacité reconnue à l’unanimité du conseil exécutif, dont il choisit lui-même les membres.
Cette structure de gouvernance a suscité de vives inquiétudes, d’autant plus après certaines déclarations et actions controversées du président américain début 2026.
Un siège à prix élevé
Enfin, le coût financier de l’adhésion alimente également les critiques. Si les États membres sont en principe limités à un mandat de trois ans, cette restriction peut être levée moyennant une contribution d’un milliard de dollars dès la première année.
La charte ne précise pas l’usage de ces fonds. Cette condition a été qualifiée d’exorbitante par plusieurs pays. Le Canada, notamment, a affirmé qu’il ne paierait pas pour obtenir un siège, tout en laissant la porte ouverte à une participation future sous certaines conditions.

