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Témoignages de rescapés contre Muhayimana, accusé d’avoir transporté des Interahamwe

Témoignages de rescapés contre Muhayimana, accusé d’avoir transporté des Interahamwe
Le site mémorial de Gatwaro, l’un des lieux où les faits reprochés à Muhayimana ont été commis.

Devant la Cour d’assises d’appel de Paris, le procès en appel de Claude Muhayimana, un Rwandais jugé pour sa participation présumée au génocide des Tutsi de 1994, a remis en lumière des témoignages directs de rescapés affirmant qu’il transportait à bord de véhicules des miliciens Interahamwe se rendant commettre des tueries.

L’affaire se déroule du 3 au 27 février 2026 devant la juridiction parisienne spécialisée dans les crimes de génocide et les crimes contre l’humanité, après une première condamnation en décembre 2021 où Muhayimana avait été reconnu coupable de complicité de génocide et de complicité de crimes contre l’humanité et condamné à 14 ans de réclusion criminelle.

Des rescapés affirment l’avoir vu transporter des Interahamwe

Des anciens voisins de Jean-Claude Muhayimana, originaire du district de Karongi (anciennement préfecture de Kibuye), ont témoigné devant les juges que, pendant la période du génocide des Tutsi en 1994, il conduisait régulièrement des véhicules remplis de miliciens Interahamwe se dirigeant vers des sites de massacres de Tutsi, notamment au stade Gatwaro, Home Saint-Jean, paroisse Saint-Pierre et école de Nyamishaba. Ils estiment que ces éléments permettent d’établir sa responsabilité dans l’aide logistique apportée aux groupes armés.

Un des témoins a affirmé l’avoir vu à trois reprises transporter des Interahamwe vers des opérations de tuerie contre des civils tutsi. Selon lui, bien que Muhayimana ne combattît pas lui-même, sa fonction de conducteur a fait de lui un acteur derrière les actions meurtrières, et il devrait donc être considéré comme témoin clé de ce qui s’est passé sur les lieux des attaques.

À Nyamishaba, une zone où de nombreux Tutsi s’étaient réfugiés, plusieurs rescapés ont rapporté que les miliciens, dont certains transportés par Muhayimana, ont attaqué une école agricole et d’autres lieux d’abri. L’un d’eux a indiqué l’avoir vu conduire un véhicule de marque Daihatsu chargé d’Interahamwe se rendant commettre des massacres, souvent tôt le matin avant que les tueries ne commencent.

Un autre rescapé, ayant connu Muhayimana depuis l’enfance, a confirmé cette implication, affirmant l’avoir vu amener des miliciens depuis la ville de Kibuye vers les zones de violence, après des rassemblements qui servaient à préparer les attaques.

Les témoins ont décrit comment les miliciens Interahamwe, armés de machettes et d’armes traditionnelles, avaient attaqué les Tutsi réfugiés dans différents endroits autour de Nyamishaba. Il est établi dans le dossier que Muhayimana a transporté ces groupes armés depuis des points de rassemblement vers des zones périphériques où ont eu lieu des massacres de grande ampleur, notamment près du lac Kivu et dans les collines environnantes de la région de Kibuye.

Les rescapés qui ont parlé aux journalistes ont appelé l’accusé à témoigner sincèrement sur les faits de l’époque, sans minimiser ni omettre les actions liées au génocide.

Ils ont souligné que, bien que le Rwanda ait adopté une politique de réconciliation nationale, il demeure essentiel que les responsables ou complices de ces atrocités reconnaissent leurs actes pour que la justice soit pleinement rendue.

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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