Le Rwanda appelle le Conseil des droits de l’homme à condamner les discours de haine
Lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a prononcé une déclaration appelant la communauté internationale à agir clairement contre les discours de haine et l’incitation à la discrimination contre certaines communautés en Afrique centrale.
Dans ce discours, le ministre Nduhungirehe a souligné que le Rwanda observe avec inquiétude des situations de négation du droit à vivre dans la dignité, surtout dans les régions touchées par des conflits prolongés.
Il a rappelé que l’Afrique centrale a été marquée pendant des décennies par l’extrémisme ethnique et l’idéologie du génocide, et que ces forces dangereuses réapparaissent aujourd’hui dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon cette déclaration, les communautés tutsi et notamment les Banyamulenge au Nord et au Sud-Kivu subissent des actes de violence, de discrimination et d’attaques armées, parfois soutenues par des milices ou même des forces locales.
Ces attaques incluent des bombardements de villages, des destructions de maisons et des déplacements forcés de populations, ce qui conduit à une perte d’accès aux services essentiels comme les écoles, les marchés et les soins de santé.
Le ministre Nduhungirehe a déploré que cette situation soit souvent accompagnée de discours publics dangereux et déshumanisants. À titre d’exemple, il a évoqué des propos tenus à la télévision nationale par un responsable militaire de RDC qualifiant des femmes tutsi de “Mauvaises”, ce qui, selon lui, constitue un discours de haine institutionnel. Il a insisté que de tels propos n’ont pas été suivis de poursuites, renforçant ainsi un climat qui peut conduire à des violences.
La déclaration a également mis en garde contre l’instrumentalisation de l’aide humanitaire. Le ministre a affirmé que la distribution d’assistance ne doit jamais servir des intérêts politiques et doit rester neutre, impartiale et guidée par l’urgence des besoins humains, sans être contrôlée par un seul gouvernement.
En outre, le Rwanda a exprimé sa préoccupation quant aux missions d’enquête qui, selon lui, pourraient perdre en crédibilité si elles n’abordent pas directement l’incitation à la haine. Il a appelé le Conseil à renforcer la responsabilité et à condamner sans ambiguïté les discours de haine propagés par certains représentants et à soutenir des enquêtes impartiales qui tiennent compte de la réalité des faits sur le terrain.
La déclaration s’est terminée par un appel à rappeler que chaque individu, indépendamment de son origine ou de son ethnie, a droit à la dignité, à la sécurité et à la protection des droits humains.

