Ad Banner

Technologies autonomes: Le ministre Nduhungirehe appelle l’Afrique à investir pour ne pas prendre de retard en matière de sécurité

Technologies autonomes: Le ministre Nduhungirehe appelle l’Afrique à investir pour ne pas prendre de retard en matière de sécurité

Face à l’évolution rapide des technologies militaires, les pays africains doivent investir davantage dans les compétences humaines, l’innovation et les systèmes autonomes afin de mieux protéger leur sécurité et leur souveraineté.

C’est l’appel lancé par le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Amb. Olivier Nduhungirehe, à l’ouverture de la Conférence internationale sur la sécurité en Afrique (ISCA), tenue mercredi le 12 août 2026 à Kigali.

Pour le ministre, l’essor de l’intelligence artificielle, des drones et des systèmes autonomes est en train de transformer profondément la manière dont les guerres sont menées. Cette évolution impose aux États africains de développer leurs propres capacités technologiques au lieu de rester de simples utilisateurs de solutions conçues ailleurs.

“Les systèmes autonomes avancés et l’intelligence artificielle deviennent de plus en plus accessibles aux groupes non étatiques. Cela signifie que nos forces armées et nos services de sécurité doivent les intégrer et toujours garder une longueur d’avance”, a déclaré Nduhungirehe.

Il a notamment évoqué les enseignements de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui a illustré la place croissante des drones et des technologies autonomes dans les opérations militaires. Des frappes peuvent désormais être conduites à des centaines, voire à des milliers de kilomètres, sans que les forces qui les exécutent soient physiquement présentes sur le terrain.

Parmi les exemples cités figurent les drones à longue portée utilisés dans le conflit ukrainien, capables de parcourir de très longues distances avant d’atteindre leur cible. Le ministre a également souligné les progrès réalisés dans le domaine des robots militaires dotés de capteurs leur permettant d’observer leur environnement, d’identifier des cibles, d’analyser des informations et, dans certains cas, de prendre des décisions avec une intervention humaine réduite.

Les récents affrontements impliquant Israël et l’Iran ont également illustré, selon lui, la rapidité avec laquelle ces technologies peuvent être mobilisées. L’utilisation combinée de renseignements, de drones et de systèmes automatisés permet désormais de mener des opérations dans plusieurs zones simultanément ou dans un laps de temps très court.

Une nouvelle conception de la puissance militaire

Cette transformation technologique remet également en question les critères traditionnels permettant d’évaluer la puissance militaire d’un pays.

Le colonel Patrick Nyirishema, directeur général chargé de la recherche et du développement au sein des Forces de défense du Rwanda (RDF), a expliqué que la puissance militaire ne se mesure plus uniquement au nombre de soldats, à la quantité d’armes disponibles ou à la capacité industrielle d’un pays.

“Nous sommes entrés dans une époque où une machine peut observer, analyser et prendre des décisions, ce qui réduit progressivement le rôle de l’être humain”, a-t-il expliqué.

Selon lui, l’introduction des technologies autonomes dans les forces de défense entraîne une transformation profonde du recrutement, de la formation et de l’organisation des armées.

Les forces armées auront besoin de moins de personnel, mais celui-ci devra être davantage qualifié. Il faudra notamment des spécialistes capables d’utiliser ces technologies, de les développer, mais aussi de concevoir des opérations militaires en fonction de leurs capacités.

“La manière dont nous recrutons, les personnes que nous recrutons et la façon dont nous les formons sont en train de changer”, a souligné le colonel Nyirishema.

Il a appelé les pays africains à adapter leurs stratégies de défense à cette nouvelle réalité, plutôt que de se limiter à l’acquisition de systèmes de sécurité coûteux auprès de fournisseurs étrangers.

Au-delà de l’acquisition d’équipements, les intervenants à l’ISCA ont ainsi insisté sur la nécessité de construire des capacités africaines durables.

Pour le ministre Nduhungirehe, l’enjeu est autant technologique qu’humain: l’Afrique doit former les personnes capables de concevoir, utiliser, entretenir et améliorer les nouvelles technologies de sécurité.

La conférence ISCA a ainsi offert une plateforme de réflexion sur les moyens de développer des réponses africaines aux défis sécuritaires du continent, dans un contexte où l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes redéfinissent progressivement les rapports de force.

Restez informé, où que vous soyez

Nous respectons votre vie privée. Aucun courrier indésirable.

Restez informé, où que vous soyez

Nous respectons votre vie privée. Aucun courrier indésirable.

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.
0 0 votes
Article Rating
Subscribe
Notify of
guest
0 Comments
Oldest
Newest Most Voted
0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x