Kigali: La jeunesse appelée à transformer le panafricanisme en actions concrètes
À Kigali, le débat sur le passage du panafricanisme au méta-panafricanisme a placé la jeunesse au cœur de la transformation du continent. Plus de 80 % des participants à l’Africa Mindset Reset Forum sont des jeunes et des leaders émergents, appelés à prendre le relais et à traduire les ambitions africaines en actions concrètes.
Lors de la conversation à quatre réunissant le président rwandais Paul Kagame, la vice-présidente du Ghana, Jane Naana Opoku-Agyemang, l’ancien Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn et l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, la question de la relève générationnelle s’est imposée comme un enjeu majeur.
La vice-présidente du Ghana, Jane Naana Opoku-Agyemang, a insisté sur le rôle de l’éducation dans cette transformation. Parents et enseignants ont, selon elle, une responsabilité essentielle dans la formation d’une génération capable de savoir où elle veut aller et de contribuer à construire l’Afrique qu’elle souhaite.
Mais cette nouvelle génération ne doit pas seulement hériter des acquis du passé. Elle doit être capable de les transformer.
Pour Paul Kagame, president du Rwanda, cette transformation passe d’abord par un changement de comportement et par une capacité à agir. L’Afrique ne manque pas de stratégies, de politiques ou de ressources, mais elle doit améliorer sa capacité à passer rapidement de la décision à l’exécution.
Le président rwandais dénonce notamment les lenteurs liées aux procédures, aux comités et à la bureaucratie, qui peuvent retarder la mise en œuvre des décisions. Il appelle les jeunes à ne pas perdre espoir, à choisir des causes justes et à accepter les risques nécessaires pour les défendre.
Cette vision trouve un écho dans le témoignage de Thabo Mbeki. L’ancien président sud-africain rappelle que sa génération a grandi sous l’apartheid, dans un contexte où le changement semblait difficile, voire impossible. Pourtant, elle a choisi de se battre pour transformer les conditions de vie de son peuple.
Aujourd’hui, estime-t-il, une nouvelle génération doit prendre le relais et poursuivre cette “course de fond”.
C’est précisément dans cette continuité que s’inscrit le méta-panafricanisme, présenté à Kigali comme une nouvelle étape de l’idéal panafricain. Là où le panafricanisme historique a porté la solidarité, la dignité et les luttes de libération, le méta-panafricanisme entend mettre l’accent sur les mentalités, les institutions, la gouvernance, l’intégration économique, la souveraineté des ressources et la responsabilité des dirigeants.
Il ne suffit donc plus de proclamer l’unité africaine: il faut construire les mécanismes qui la rendent effective. Il ne suffit plus de parler de souveraineté: il faut être capable de gérer les ressources du continent. Et il ne suffit plus de dénoncer les faiblesses institutionnelles: il faut les corriger.
À Kigali, la réponse esquissée est claire: le prochain changement africain devra commencer par un changement de mentalité, mais se mesurer surtout à la capacité de la nouvelle génération à transformer les idées en décisions, les décisions en institutions et les institutions en résultats.
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