MINECOFIN: le Rwanda obtient un financement de 82 millions d’euros et 15 milliards de yens sur 15 ans
Le ministère des Finances et de la Planification économique a annoncé la conclusion d’une facilité de prêt commercial à deux tranches, composée de 82 millions d’euros et de 15 milliards de yens japonais. Le financement est assorti d’une maturité de 15 ans, avec une période de grâce de six ans.
Cette opération constitue surtout une première pour le Rwanda: la tranche libellée en yen représente la toute première émission du pays dans cette monnaie, ouvrant ainsi l’accès à une nouvelle base de capitaux et d’investisseurs sur les marchés asiatiques.
Une stratégie fondée sur la diversification
Selon le ministère, cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large visant à mobiliser des financements internationaux à des conditions compétitives, tout en maîtrisant le coût de la dette et en assurant un profil de remboursement plus régulier.
Le Rwanda s’appuie pour cela sur des garanties multilatérales, afin de renforcer son accès aux marchés internationaux et de diversifier ses sources de financement à long terme.
Cette nouvelle opération s’inscrit dans la continuité des précédentes expériences du pays en matière de financement mixte. Plus tôt en 2026, le Rwanda avait conclu une facilité de prêt de 213 millions d’euros, bénéficiant d’une garantie fondée sur les politiques publiques. En 2024, il avait également réalisé une première opération de financement mixte avec un prêt ESG de 200 millions d’euros, soutenu par une garantie partielle de crédit du Fonds africain de développement.
La nouvelle facilité EUR/JPY, soutenue par le Groupe de la Banque mondiale, approfondit cette approche.
Une structure de garantie du Groupe de la Banque mondiale
La garantie de cette opération repose sur la World Bank Group Guarantee Platform, hébergée par l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA).
Le mécanisme combine une garantie de l’Association internationale de développement (IDA), destinée à assurer une première couverture des pertes, et une police de MIGA couvrant le non-respect des obligations financières souveraines, constituant une seconde protection.
Selon le ministère, les conditions obtenues témoignent ainsi de la confiance des investisseurs dans les fondamentaux économiques du Rwanda et dans l’évolution de ses indicateurs budgétaires.
La structure du prêt a également été conçue pour éviter une pression excessive sur les finances publiques.
La période de grâce de six ans permettra au Rwanda de commencer à rembourser le principal après l’échéance de son Eurobond en cours, réduisant ainsi le risque d’une concentration des besoins de refinancement.
Des fonds destinés au budget national
Les ressources mobilisées seront affectées aux besoins généraux du budget, conformément à l’opération de financement du développement en faveur de la création d’emplois inclusifs et résilients au Rwanda soutenue par la Banque mondiale.
Le financement doit accompagner des politiques et investissements dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment les infrastructures, la santé et la nutrition, l’éducation, l’agriculture, la protection sociale et le développement industriel.
Diversifier nos sources d’emprunt
Le ministre des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, a présenté cette opération comme une nouvelle illustration de la volonté du Rwanda de recourir à des mécanismes de financement innovants tout en maintenant une gestion prudente de la dette.
Selon lui, la tranche en yens permet au Rwanda d’accéder à un nouveau bassin de capitaux que le pays entend développer à l’avenir.
Le ministre a également souligné le rôle croissant des financements mixtes et semi-concessionnels structurés avec le Groupe de la Banque mondiale dans la stratégie d’emprunt du Rwanda, notamment pour maintenir un profil de remboursement maîtrisé et préserver la soutenabilité de la dette.
Le Rwanda a enfin remercié ses partenaires financiers, Société Générale et Standard Chartered Bank, ainsi que Alvarez & Marsal et White & Case, pour leur accompagnement dans la réalisation de cette opération.
Skip to content

