Quand les femmes paient le prix de la guerre: les FDLR, le gouvernement de la RDC et le coût d’un échec du leadership
Par Sedoine BARAKA
Combien de femmes doivent encore souffrir avant que le monde décide que leur douleur compte?
Dans l’est de la République démocratique du Congo, les femmes et les enfants continuent de payer le plus lourd tribut humain d’un conflit qu’ils n’ont pas déclenché et qu’ils ne peuvent pas mettre fin seuls. Leurs corps, leurs esprits, leurs familles et leur avenir sont façonnés par la violence, tandis que le monde débat de géopolitique, de sécurité et d’intérêts économiques.
Derrière les gros titres se trouvent des femmes qui vivent avec des blessures physiques, des traumatismes psychologiques, le déplacement, la peur et des moyens de subsistance détruits. Des enfants grandissent en portant les conséquences d’un conflit qu’ils n’ont pas choisi.
Parmi les groupes armés qui contribuent à la prolongation de ces souffrances figurent les FDLR, un groupe armé ayant des racines historiques dans les forces responsables du génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994. Leur présence persistante et les abus documentés qu’elles ont commis ont eu des conséquences dévastatrices sur les populations civiles, notamment les femmes et les enfants.
Pourtant, une question demeure:
Où est l’indignation internationale durable face aux souffrances de ces femmes?
Au Centre de démobilisation de Mutobo, la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration continue d’accompagner les anciens membres de groupes armés qui retournent à la vie civile. La Commission reconnaît que les femmes et les enfants font partie des groupes particulièrement vulnérables. Au cours de la dernière phase, 209 anciens membres de groupes armés ont été démobilisés, tandis que 143 jeunes enfants accompagnant les bénéficiaires avaient également été affectés par la vie au sein des groupes armés, certains ayant même été privés d’une éducation de base.
Mais alors que certains retrouvent un chemin vers la vie civile, de nombreuses femmes restent prisonnières de la violence et de ses conséquences.
Et c’est ici que le mouvement féministe mondial doit cesser de garder le silence.
Aux organisations féministes, aux défenseurs des droits des femmes, aux institutions internationales et aux militants du monde entier:
Exigez des actions — pas de la simple compassion.
Exigez que les souffrances des femmes dans l’est de la RDC soient correctement documentées.
Exigez la protection des femmes et des enfants pris au piège des conflits.
Exigez que les groupes armés responsables d’abus, notamment les FDLR, rendent des comptes.
Exigez que les survivantes aient accès à la justice, à un soutien psychologique, aux soins de santé et à des moyens de subsistance dignes.
Exigez la transparence de la part des gouvernements, des institutions et des acteurs économiques dont les intérêts sont liés à la région.
Et exigez que les droits des femmes ne soient pas sacrifiés au nom de considérations géopolitiques ou d’intérêts économiques.
Ne laissez pas la complexité du conflit en RDC devenir une excuse au silence du monde.
Le féminisme ne peut pas être sélectif. Il ne peut pas défendre avec force les femmes dans une partie du monde tout en parlant à voix basse des femmes ailleurs.
Si vous croyez que chaque femme mérite la sécurité, la dignité et la liberté, alors les femmes de l’est de la RDC doivent faire partie de votre combat.
Faites entendre leur voix.
Brisez le silence.
Faites pression sur les décideurs.
Exigez que les responsables rendent des comptes.
Tenez-vous à leurs côtés — pas demain, pas lorsqu’une nouvelle tragédie fera la une des journaux, mais maintenant.
Leurs vies ne sont pas des dommages collatéraux.
Leurs corps ne sont pas des champs de bataille.
Leurs souffrances ne sont pas une note de bas de page.
Leurs droits ne sont pas négociables.
Le monde doit écouter. Et, plus important encore, le monde doit agir.
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