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“Tituber dans la rue sous l’effet de l’alcool ne correspond pas au comportement de la femme rwandaise” – La ministre Uwimana appelle les femmes à éviter l’alcoolisme

“Tituber dans la rue sous l’effet de l’alcool ne correspond pas au comportement de la femme rwandaise” – La ministre Uwimana appelle les femmes à éviter l’alcoolisme

Dans la salle plénière du Parlement, à Kimihurura, les femmes rwandaises sont réunies pour réfléchir à leur place dans les instances de décision et aux moyens de renforcer leur contribution au développement du pays.

La 25ᵉ Assemblée générale ordinaire du Conseil national des femmes (CNF) se tient ce vendredi le 11 septembre 2026 sous le theme: “La femme dans les instances de décision : fondement d’un changement durable”.

À l’ouverture de la rencontre, la ministre du Genre et de la Promotion de la famille, Consolée Uwimana, a invité les participantes à ne pas se limiter à dresser le bilan des cinq dernières années, mais à s’interroger sur les progrès accomplis par la femme rwandaise et, surtout, sur ce qui doit encore être fait pour accélérer cette progression.

Elle a rappelé que la participation des femmes à la gouvernance rwandaise n’est pas le fruit du hasard, mais découle de choix politiques en faveur de la bonne gouvernance et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Pour la ministre, le prochain défi consiste à aller au-delà de la simple présence des femmes dans les différentes instances. Il faut désormais que cette représentation se traduise par des changements concrets dans la vie des femmes, de leurs familles et de la société, une approche qui, selon elle, consiste à passer de l’intégration transversale de l’égalité entre les femmes et les hommes à une véritable transformation des rapports et des conditions de vie liés au genre.

Dans cette perspective, elle a appelé les femmes à renforcer leur confiance, leurs compétences et leur capacité à saisir les opportunités qui leur sont offertes.

Ce comportement n’est pas celui d’une d’une femme rwandaise

Son discours a également porté sur plusieurs problèmes qui affectent les familles et les communautés: les conflits familiaux, l’insalubrité, les grossesses chez les adolescentes, le retard de croissance chez les enfants et l’abus d’alcool.

La ministre a particulièrement insisté sur la lutte contre l’alcoolisme et les boissons non conformes aux normes, appelant les femmes à continuer de signaler les lieux où ces produits sont fabriqués ou commercialisés.

Puis, dans un propos particulièrement direct, elle s’est adressée aux femmes confrontées à l’alcoolisme.

“Voir une femme tituber dans la rue sous l’effet de l’alcool n’est pas rwandais. Ce comportement n’est pas celui d’une femme rwandaise, et ce n’est pas non plus la valeur que nous disons avoir reçue”, a-t-elle déclaré, exhortant celles qui sont dépendantes à abandonner l’alcool.

Des acquis, mais encore des défis

L’Assemblée générale est aussi l’occasion de présenter le bilan du comité exécutif sortant du CNF, arrivé au terme de son mandat de cinq ans.

Parmi les initiatives mises en avant figure le suivi des engagements des femmes dans tous les villages, en tenant compte des réalités propres à chaque district. Le programme visait notamment à accompagner cinq familles par village, dont deux devaient enregistrer des progrès significatifs au terme de trois ans.

La ministre a également salué la mise en place des Rwandan Women Excellence and Resilience Awards (RWERA), qui ont permis, lors de la première édition, de distinguer 450 femmes pour leurs réalisations exceptionnelles.

Selon elle, ces distinctions ne doivent pas être considérées comme de simples récompenses. Elles doivent également servir à mettre en lumière des modèles de réussite et à encourager d’autres femmes à contribuer au développement du pays.

Les femmes appelées à aller au-delà du quota de 30 %

À l’approche des prochaines élections des instances de base et du renouvellement des instances représentatives, Consolée Uwimana a appelé les femmes à ne pas considérer le quota légal de 30 % comme une limite. “30 % devrait être un point de départ et non la limite de la participation des femmes aux postes de responsabilité”, a-t-elle souligné.

Les chiffres cités lors de la rencontre montrent en effet que les femmes restent minoritaires dans certaines fonctions locales : elles représentent notamment 23 % des maires de district, 17 % des vice-maires chargés des affaires économiques et seulement 16 % des chefs de village.

Pour la ministre, ces chiffres montrent qu’il reste du chemin à parcourir. Ils ne traduisent pas un manque de capacité des femmes, mais plutôt la nécessité de renforcer leur préparation, leur confiance et leur accompagnement.

Avec le concours du MIGEPROF, du MINALOC, de la Commission électorale nationale (NEC) et du CNF, des campagnes de sensibilisation sont ainsi prévues pour encourager davantage de femmes à participer aux prochaines élections et à se porter candidates.

Cette 25ᵉ Assemblée générale intervient à l’approche des élections des instances de base prévues fin 2026, qui concerneront notamment les niveaux du village, de la cellule, du secteur et du district, ainsi que le renouvellement des comités exécutifs des Conseils nationaux des femmes, de la jeunesse et des personnes handicapées.

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Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias.
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