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Génocide perpétré contre les Tutsis: l’Afrique a fait sourde-oreille – Tito Rutaremara

Génocide perpétré contre les Tutsis: l’Afrique a fait sourde-oreille – Tito Rutaremara

Trente et un ans après le génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda, une question dérange encore les mémoires: comment les pays africains ont-ils réagi durant ces 100 jours d’horreur où plus d’un million de personnes furent massacrées ? Le constat est sans appel. La majorité des États africains ont gardé le silence, alors même que la tragédie se déroulait sous leurs yeux.

A l’exception de quelques rares voix courageuses, comme celle de l’ancien président tanzanien Julius Nyerere – pourtant déjà retraité – qui a osé dénoncer la barbarie, la quasi-totalité du continent est restée muette. Ni l’Organisation de l’unité africaine (OUA) ni ses institutions n’ont utilisé le mot “genocide”. Pire, certains gouvernements soutenaient même le régime génocidaire.

Quelques exceptions émergent de cette honte. Le Nigeria, en collaboration avec la République tchèque et la Nouvelle-Zélande, se sont opposé activement au Conseil de sécurité de l’ONU aux tentatives d’ignorer la situation au Rwanda. Le Ghana, de son côté, a refusé de retirer ses troupes de la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR), contrairement à d’autres pays africains.

Pourtant, l’Afrique avait montré des signes de solidarité avant le déclenchement du génocide. Le Zaire (actuelle RDC) avait joué un rôle de médiateur dans les accords de paix d’Arusha, tandis que la Tanzanie agissait comme facilitateur. L’OUA y était également impliquée. Mais dès que les massacres ont commencé, la solidarité s’est éclipsé.

Pourquoi un tel silence?

Selon certains analystes, l’Afrique restait prisonnière d’un néocolonialisme politique, économique et idéologique. Beaucoup de gouvernements hésitaient à reconnaître l’existence d’un génocide sans l’aval de puissances occidentales comme la France, les États-Unis ou le Royaume-Uni. D’autres, mus par la peur de représailles diplomatiques ou par une adhésion idéologique à l’ancien régime rwandais, ont choisi de se taire.

Certains dirigeants africains partageaient même la lecture raciste et simpliste de la situation promue par des figures occidentales telles que François Mitterrand de France, la réduisant à un simple conflit tribal. D’autres, encore, avaient eux-mêmes des tendances génocidaires ou soutenaient la propagande du régime Habyarimana.

Aujourd’hui, alors que le monde commémore pour la 31e fois les victimes du génocide, cette page sombre de l’histoire africaine rappelle l’urgence de construire une solidarité continentale réelle, basée sur les valeurs humaines fondamentales et non sur la peur ou la dépendance.

NDLR: Cet article est inspiré du contenu de Tito Rutaremara sur X (@titorutaremara4)

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