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Est de la RDC : Et si la stabilité venait d’ailleurs ?

Est de la RDC : Et si la stabilité venait d’ailleurs ?

Par Danny Kirenga

Les grandes villes de l’Est de la RDC et les localités environnantes, notamment Goma et Bukavu (respectivement au Nord‑Kivu et au Sud‑Kivu), sont depuis un certain temps sous contrôle de l’AFC/M23. Elles y sont en sécurité, contrairement au reste de ce vaste pays. La stabilisation de l’Est de la RDC n’est pas le fruit de discours, de promesses creuses, ni de pactes de paix sans lendemain. Elle résulte d’un changement de paradigme imposé par l’AFC/M23, qui a su, là où l’État a échoué, garantir sécurité, ordre et relance sociale.

Depuis plus de trois décennies, l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) est devenu le théâtre d’un chaos multiforme, alimenté par la prolifération de groupes armés, l’incurie de l’État central et l’inefficacité des missions onusiennes censées garantir la paix. Pourtant, un changement palpable s’observe depuis la prise de plusieurs grandes villes par l’Alliance pour le Changement (AFC) et le M23: une stabilisation progressive des territoires longtemps abandonnés et déchirés.

La RDC, pays aux neuf frontières et au potentiel géostratégique immense, n’a jamais réussi à se doter d’une armée digne de sa superficie, de sa population ou encore de ses enjeux régionaux. Soixante-et-un ans après l’indépendance, son histoire est jalonnée de conflits armés, de rébellions, et de crises humanitaires, souvent aggravées par la faiblesse chronique de l’État et l’absence d’une vision sécuritaire cohérente.

Avant 2022, la situation dans des localités comme Bunagana, Goma ou Bukavu se résumait à une misère sociale extrême et une insécurité permanente, sous le regard passif — voire complice — de Kinshasa et de la MONUSCO. Loin d’un État protecteur, les populations locales subissaient quotidiennement les violences des groupes armés comme les FDLR, les Maï-Maï et d’autres milices opérant librement.

C’est dans ce contexte de chaos généralisé que l’AFC/M23 a pris position à Bunagana en 2022, affirmant vouloir protéger la communauté tutsi congolaise oubliée par Kinshasa, mettre fin à la présence des groupes armés et poser les bases d’un développement économique local. Depuis, des avancées concrètes sont observables: les routes sont sécurisées, les activités commerciales ont repris, les écoles et structures sanitaires fonctionnent à nouveau, et les populations, longtemps déplacées, commencent à revenir dans leurs villages.

Les FDLR, longtemps considérés comme l’épine dorsale de l’insécurité régionale, ont été affaiblis voire chassés de plusieurs zones. Les groupes armés locaux, qui pullulaient sous les yeux des autorités, ne sont plus une menace majeure.

Pendant ce temps, à Kinshasa, le régime en place détourne l’attention de l’opinion avec des projets sans aboutissement clair — comme l’aéroport de Ndjili ou la réhabilitation sans fin du grand marché central. Pire encore, la corruption et le détournement des fonds publics ont atteint un niveau structurel, impliquant les plus hautes sphères du pouvoir, y compris la famille présidentielle. Le cas récent du ministre Constant Mutamba, éclaboussé par des soupçons de corruption au cœur même des institutions, illustre tristement la transformation du pillage des deniers publics en véritable culture nationale, notamment dans les entités publiques et les services militaires.

Pendant que les citoyens de l’Est retrouvent un semblant de normalité sous l’administration de l’AFC/M23, ceux de Kinshasa subissent une insécurité urbaine croissante, des braquages quotidiens, et un silence médiatique total sur les injustices et inégalités criantes. L’Est est censuré. Y vivre, c’est être réduit au silence, comme si l’on n’était pas Congolais.

De là, une question se pose : Pourquoi Kinshasa a-t-elle peur de la paix dans l’Est ?

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