L’avenir énergétique de l’Afrique à l’agenda du sommet africain qui se tient à Kigali
Le lundi 30 juin 2025, le Premier ministre du Rwanda, Dr Edouard Ngirente, a officiellement lancé le premier Sommet africain sur l’Innovation en Énergie Nucléaire, organisé à Kigali.
Le sommet de deux jours réunit des décideurs politiques, des scientifiques et des leaders du secteur de l’énergie, venus de plus de 40 pays africains, pour débattre l’avenir énergétique de l’Afrique.
Au cœur des discussions figurent les petits réacteurs modulaires et micro-réacteurs, considérés comme des technologies innovantes capables d’accélérer l’industrialisation durable du continent et de combler les déficits chroniques d’accès à l’électricité.
S’exprimant à l’ouverture du sommet, le Premier ministre Ngirente a lancé un appel en faveur d’un changement de paradigme énergétique sur le continent :
“Plus de 600 millions d’Africains vivent encore sans électricité. Face à cette urgence, l’énergie nucléaire apparaît comme une solution durable, faible en carbone, et adaptée aux défis climatiques.”
Il a également souligné que la croissance démographique rapide de l’Afrique, qui pourrait dépasser les trois milliards d’habitants d’ici 2065, rend indispensable une action coordonnée pour garantir une alimentation énergétique fiable, inclusive et respectueuse de l’environnement.
Selon Dr Ngirente, les besoins énergétiques vont exploser sous l’effet combiné de l’industrialisation, de l’urbanisation et de la transformation numérique, notamment grâce à l’intelligence artificielle.
“Le continent deviendra potentiellement le plus grand marché énergétique mondial”, a-t-il affirmé, appelant les pays africains à poser dès aujourd’hui les bases de cette transition.
Il a mis en garde contre les déséquilibres énergétiques dus à la dépendance à la biomasse, à la pression sur les forêts et aux chocs climatiques, comme la baisse du niveau du fleuve Zambèze en 2024, qui a affecté la production du barrage de Kariba.
Au-delà de la production d’électricité, Dr Ngirente a rappelé que l’énergie nucléaire offre des opportunités dans des secteurs clés : “Elle peut révolutionner l’agriculture, les soins de santé, la recherche scientifique. C’est un outil puissant de développement inclusif. “
Conscient des perceptions négatives associées au nucléaire, le Premier ministre a insisté sur une approche pacifique et tournée vers le progrès : “Ce sommet ne porte pas sur l’arme nucléaire. Il s’agit d’énergie nucléaire pour la paix, l’innovation et le développement.”
Aux côtés du Premier ministre rwandais figuraient notamment le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, et le vice-Premier ministre et ministre de l’Énergie de la Tanzanie, Dr Doto Biteko. Ensemble, ils ont appelé à des partenariats régionaux solides, à des investissements internationaux, et à une volonté politique partagée pour faire du nucléaire une option sûre, accessible et adaptée aux besoins de l’Afrique.


