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Kagame explique la plus-value de l’accord entre le Rwanda et la RDC sous la médiation des États-Unis

Kagame explique la plus-value de l’accord entre le Rwanda et la RDC sous la médiation des États-Unis
Le président Paul Kagame s'est addresse à la presse à cette journée de libération

Par Fulgence Niyonagize

Le 4 juillet 2025, à l’occasion de la Journée nationale de la libération, le président du Rwanda Paul Kagame s’est exprimé avec franchise lors d’un entretien avec la presse. Cette date symbolique, marquant la fin du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 et la libération du pays par le Front patriotique rwandais, a servi de toile de fond à une réflexion lucide sur les défis sécuritaires régionaux persistants.

Le chef de l’État a particulièrement insisté sur l’importance de l’accord signé à Washington D.C. entre le Rwanda et la RDC, sous médiation américaine. Cet accord vise à établir des mesures conjointes de sécurité, notamment contre les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), groupe armé toujours actif à l’est de la RDC et constitué en partie d’anciens génocidaires.

Kagame a précisé que cet accord n’existe pas en vase clos : il s’inscrit dans une dynamique plus large, complémentaire d’un autre processus diplomatique mené par le Qatar, centré sur les discussions entre le M23 et le gouvernement congolais. À ses yeux, ces deux démarches sont indissociables si l’on veut résoudre durablement les tensions dans la région.« Le problème est toujours présenté comme un désaccord entre le Rwanda et la RDC, mais une grande partie de ce conflit est purement interne à la RDC », a-t-il affirmé.

Derrière le conflit : une crise instrumentalisée

C’est ici que Kagame introduit sa critique centrale : la tendance à externaliser un problème interne. Selon lui, Kinshasa cherche depuis des années à rejeter la responsabilité des violences sur le Rwanda et le M23, alors que la racine du conflit réside dans les fractures politiques internes congolaises, notamment la discrimination persistante de certaines communautés, comme les Tutsis congolais, et les dérives autoritaires du pouvoir.

Kagame a rejeté toute responsabilité du Rwanda dans le déclenchement du conflit. Il rappelle que le M23 est à l’origine un groupe issu de la RDC et de l’Ouganda, pas du Rwanda. « Pourquoi ne parle-t-on jamais de l’Ouganda si l’on cherche à comprendre l’origine du M23 ? », a-t-il lancé.

Il a vivement dénoncé la menace persistante des FDLR, toujours active dans l’est de la RDC, parfois avec la complicité passive ou active des autorités congolaises. Kagame insiste : « Nous n’avons pas besoin de l’autorisation de qui que ce soit pour défendre notre sécurité. »

Par ailleurs, il a accusé Kinshasa de déplacer de force des populations parlant kinyarwanda, créant ainsi une vague de réfugiés vers le Rwanda, tout en refusant d’assumer la responsabilité de cette situation historique.

Il a également critiqué l’obsession internationale pour le Rwanda dans les récits diplomatiques et médiatiques. « On entend toujours Rwanda, Rwanda, M23, mais jamais FDLR, jamais la politique discriminatoire en RDC. »

Concernant l’accord de Washington, Kagame a rappelé que sa mise en œuvre dépend des signataires eux-mêmes et non des médiateurs :« Ce n’est pas à Washington de le faire appliquer, c’est à nous. Et nous le ferons. »

Il a exprimé sa gratitude envers l’administration Trump, qui, selon lui, a eu le mérite d’aborder le conflit avec une perspective nouvelle, en reconnaissant le rôle des ressources minières mais aussi les dimensions politiques et sécuritaires. Il encourage les États-Unis à rester impliqués dans le suivi, sans se substituer aux efforts régionaux.

Enfin, Kagame a mis en doute la légitimité du pouvoir congolais actuel, rappelant que Félix Tshisekedi est arrivé à la présidence sans élections véritables, par un arrangement politique confirmé, selon lui, par plusieurs chefs d’État africains. « Cette vérité est connue, mais on préfère l’oublier. »

En cette journée de commémoration nationale, le président Kagame a livré un message clair : la paix dans la région des Grands Lacs ne viendra ni par la déresponsabilisation, ni par les raccourcis narratifs, mais par une approche honnête, équilibrée et résolument africaine des conflits.

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