Procès reporté: Ingabire Victoire veut être assistée par une avocate kenyane
Le Tribunal de Première Instance de Kicukiro a reporté au 15 juillet 2025 l’audience concernant la demande de mise en liberté provisoire d’Ingabire Victoire Umuhoza. Cette décision fait suite à plusieurs préoccupations exprimées par la prévenue, notamment le manque de temps pour étudier le dossier et son souhait d’être représentée par une avocate étrangère, Me Emily Osiemo, originaire du Kenya.
Le mardi 8 juillet, Ingabire Victoire devait comparaître pour une audience sur sa détention provisoire. Présente dans la salle d’audience , elle a été rejointe par son avocat actuel, Me Gatera Gashabana. Le juge a autorisé les journalistes à prendre des photos pendant quelques temps avant le début de la séance.
Dès l’ouverture de l’audience, le juge a invité la prévenue et son avocat à s’exprimer sur leur demande écrite de report. Selon cette requête, Ingabire n’aurait pas eu le temps nécessaire pour étudier convenablement les documents du Parquet, et la défense souhaite que l’avocate kenyane Emily Osiemo soit autorisée à intervenir dans le dossier, ce qui n’a pas encore été permis par les autorités rwandaises.
Ingabire Victoire a précisé qu’elle se trouvait dans une affaire impliquant neuf autres coaccusés, et que Me Gatera Gashabana, qui représente déjà les autres, a été sollicité dans l’urgence au moment de son arrestation. Elle a souligné son souhait d’être spécifiquement représentée par Me Osiemo, et a demandé au tribunal d’intervenir auprès de l’Ordre des avocats pour faciliter cette autorisation exceptionnelle.
Elle a également dénoncé le caractère désorganisé du dossier du Parquet, indiquant que certaines pièces étaient difficilement accessibles via le système électronique, tandis que d’autres ne pouvaient pas être ouvertes. En outre, elle affirme avoir reçu le dossier seulement le samedi précédent l’audience, ce qui ne lui a pas permis de l’étudier correctement ni d’écouter les enregistrements sonores y figurant.
Appuyant sa demande sur les articles 74 et 75 du Code de procédure pénale, elle a insisté sur son droit à une information claire sur les accusations portées contre elle.
Le ministère public a toutefois rejeté ces arguments, estimant qu’il s’agissait d’une tentative de retarder inutilement l’audience. Selon le procureur, Ingabire est déjà assistée par un avocat de son choix, et le dossier du Parquet, déposé le 30 juin, était accessible depuis cette date. Le fait qu’elle ne l’ait consulté que récemment relèverait, selon lui, d’un simple manque de diligence.
En réponse, Me Gashabana a souligné que la semaine suivant le 30 juin correspondait aux congés judiciaires, ce qui aurait limité leur accès pratique au dossier.
Après avoir entendu les deux parties, le juge a finalement décidé de reporter l’audience au 15 juillet 2025 afin de permettre à la prévenue de mieux se préparer. Il a toutefois averti que plus aucun report ne serait accepté lors de la prochaine séance.

