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La RDC mérite un dirigeant qui agit, pas qui s’affiche

La RDC mérite un dirigeant qui agit, pas qui s’affiche
La misère sévit en RDC

Par Marie Sédoine Baraka

Depuis plus de trente ans, la République Démocratique du Congo (RDC) est embourbée dans une crise profonde d’Etat failli, marquée par une succession de dirigeants incapables d’affronter les réalités du pays. Félix Tshisekedi, arrivé au pouvoir en 2019 avec des promesses de rupture, n’a malheureusement pas échappé à cette malédiction. Malgré les espoirs suscités, son mandat s’est révélé creux, caractérisé par une gouvernance confuse et des priorités détournées.

Une capitale encerclée par la misère

L’un des exemples les plus frappants de cet échec est la présence de personnes déplacées internes (PDI) à proximité immédiate de Kinshasa. Le symbole est fort: dans la capitale même du pouvoir, des congolais vivent sous des bâches, fuyant les violences de l’Est, abandonnés par un Etat absent. Comment peut-on parler de stabilité ou de progrès quand la détresse humaine côtoie les institutions de la République?

Tshisekedi a souvent préféré l’image à l’action, les sommets internationaux aux visites de terrain, et les discours diplomatiques à la mobilisation des moyens pour soulager son peuple. Cette stratégie de communication permanente masque mal son incapacité à agir efficacement.

L’échec d’une rupture annoncée

Lorsque Félix Tshisekedi a prêté serment en janvier 2019, beaucoup y ont vu un tournant historique: une alternance politique symbolique et la promesse d’un renouveau démocratique et institutionnel. Mais six ans plus tard, le constat est autre: aucune réforme structurelle majeure n’a été conduite à son terme. Les problèmes de sécurité persistent, notamment à l’Est, l’économie stagne, les infrastructures se dégradent, et les systèmes de santé et d’éducation sont toujours en ruine.

Pire encore, sous sa présidence, la corruption n’a pas reculé. Des réseaux d’enrichissement illicite se sont renforcés au sein même de l’appareil d’État. L’image d’un président réformateur s’est effacée, laissant place à celle d’un gestionnaire de crise en mode survie politique.

La diversion comme méthode de gouvernance

Face à la critique, le pouvoir en place use de stratégies bien rodées: nationalisme de façade, accusations contre des puissances étrangères, promesses vagues de solutions futures. Cette méthode, héritée de ses prédécesseurs, vise à détourner l’attention des échecs internes.

Mais la réalité est têtue: aucune réforme électorale crédible, aucune amélioration significative du cadre de vie, aucun désarmement sérieux des groupes armés. Même les initiatives populaires, comme la gratuité de l’enseignement primaire, manquent de mise en œuvre effective et de suivi durable.

Un vrai chef d’État ne gère pas le chaos, il le transforme. Il ne justifie pas l’échec, il l’affronte. Tshisekedi avait l’occasion d’ouvrir une nouvelle page. Il a préféré tourner en rond, entre alliances politiques fragiles et priorités changeantes. Il est temps que les analystes politiques cessent de se contenter de symboles: l’évaluation doit se baser sur des résultats tangibles.

La RDC n’a pas besoin d’un président-présent, mais d’un président-agissant. Alors que certains ferment les yeux sur la souffrance, les pays qui réussissent choisissent de l’affronter. Le bilan de Félix Tshisekedi depuis 2019 est une démonstration de ce que produit un leadership sans vision ni courage. Il est temps de redéfinir ce que signifie gouverner en RDC: protéger, servir, transformer. Tant que cela ne deviendra pas une réalité, les congolais continueront à se lever pour exiger plus.

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