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A l’ONU, l’ambassadeur Martin Ngoga met en garde contre la dérive ethniciste du conflit en RDC

A l’ONU, l’ambassadeur Martin Ngoga met en garde contre la dérive ethniciste du conflit en RDC

L’Ambassadeur du Rwanda auprès des Nations unies, Martin Ngoga, a fermement contesté les récentes allégations de l’ONU faisant état d’un rôle des Forces de défense du Rwanda dans des massacres de civils en République démocratique du Congo.

S’exprimant devant le Conseil de sécurité des Nations unies le 22 août 2025, il a rejeté les conclusions du rapport conjoint publié le 6 août par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (OHCHR) et le Bureau conjoint des droits de l’homme de l’ONU (UNJHRO).

Ce rapport accusait le mouvement armé AFC/M23, prétendument soutenu par les RDF, d’avoir tué 319 civils et blessé 169 autres dans quatre villages du territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, entre le 9 et le 21 juillet. Les victimes auraient été majoritairement des Hutus. Pour l’ambassadeur Ngoga, ces affirmations manquent de preuves et soulèvent de sérieuses questions de crédibilité.

«Les premiers récits des faits sont contradictoires, vagues et parfois totalement invraisemblable », a déclaré Ngoga, ajoutant qu’une enquête indépendante et impartiale est indispensable pour établir la vérité. Selon lui, les rapports de l’ONU s’appuient sur des informations obtenues par téléphone et satellite, ce qui ne saurait justifier l’identification des victimes par leur ethnie. « Le Conseil tombe dans le piège de l’ethnicisation du conflit en RDC », a-t-il mis en garde.

Il a également souligné que ces accusations surviennent à un moment politiquement sensible, alors que se poursuivent les préparatifs des négociations de Doha et la mise en œuvre de l’accord de Washington, qui prévoit notamment la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), soutenues par Kinshasa.

L’ambassadeur Ngoga a dénoncé une tendance persistante à la sélectivité dans le traitement des violations des droits humains en RDC. Alors que l’accent est mis sur les exactions supposées du M23, les atrocités documentées dans le Sud-Kivu, le Masisi ou l’Ituri, y compris des frappes de drones contre des civils, sont largement ignorées. Il a aussi alerté sur les arrestations arbitraires, humiliations publiques et discriminations visant certaines communautés en RDC, pratiques contraires au droit international.

L’ambassadeur du Rwanda à l’ONU a fustigé l’usage systématique du terme «le M23 soutenu par le Rwanda», contrastant avec le silence entourant le soutien apporté par Kinshasa aux FDLR. «Pourquoi ce deux poids deux mesures? Les FDLR sont au cœur du problème en RDC et doit être traité comme tel », a-t-il martelé.

Enfin, l’ambassadeur Ngoga a rappelé que les cessez-le-feu conclus entre Kinshasa et le M23 sont régulièrement violés par les FARDC, leurs alliés Wazalendo et les FDLR. Il a dénoncé de nouveaux renforts militaires observés dans le Sud-Kivu et l’Ituri, en contradiction avec les engagements de paix. Lors de la réunion du mécanisme conjoint de sécurité le 7 août, Kinshasa a refusé de lancer des opérations pour neutraliser les FDLR, un choix jugé préoccupant par Rwanda.

Malgré ces tensions, l’ambassadeur a réaffirmé l’engagement du Rwanda à coopérer pour des enquêtes crédibles et à soutenir les processus de paix en cours, notamment à  travers l’accord de Doha et le dialogue facilité par Washington.

 

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