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Dialogue national sur la parentalité positive: l’alerte face aux violences faites aux enfants au Rwanda

Dialogue national sur la parentalité positive: l’alerte face aux violences faites aux enfants au Rwanda

L’Agence nationale de développement de l’enfant (NCDA) a réuni ce jeudi à Kigali ses partenaires autour d’un dialogue consacré à la parentalité positive, marqué aussi par le lancement officiel de l’application Itetero. Cette plateforme vise à renforcer les capacités des parents et à lutter contre les nombreuses formes d’abus dont les enfants restent victimes au Rwanda.

Dans son allocution d’ouverture, la Directrice générale de la NCDA, Assumpta Ingabire, a livré des chiffres interpellants. Selon le Baromètre 2024 sur le Développement de la Petite Enfance, seuls 38 % des parents ayant des enfants de moins de six ans pratiquent une discipline positive. Par ailleurs, la NCDA reçoit en moyenne cinq plaintes par semaine liées aux comportements parentaux néfastes, allant du rejet affectif aux conflits familiaux où l’enfant est instrumentalisé comme un «bien à partager» après un divorce.

Des statistiques préoccupantes

Selon Mme Assumpta Ingabire, les données disponibles révèlent une progression alarmante des cas d’abus.

  • Violences émotionnelles: 943 cas signalés en 2023, contre 1,328 en 2024 et déjà 507 depuis le début de l’année.
  • Violences physiques: 2,915 cas en 2023, 2,485 en 2024 et 1,294 recensés à ce jour.
  • Violences sexuelles: 14,350 cas enregistrés en 2024 dans les centres de santé et hôpitaux contre 7,985 recensés à ce jour.
  • Grossesses précoces: près de 22,056 adolescentes sont tombées enceintes en 2023 contre 22,350 l’an dernier.

Une étude menée par l’Université du Rwanda souligne que ces violences trouvent leurs causes dans les conflits conjugaux, le désengagement parental et l’irresponsabilité dans l’éducation des enfants. Déjà en 2018, une enquête de la RBC indiquait que 18 % des enfants avaient manifesté des signes liés à des tendances suicidaires.

Quand le foyer devient un lieu de vulnérabilité

«L’éducation positive commence au sein du foyer. Mais beaucoup de parents ignorent ou négligent leur rôle», a rappelé Mme Ingabire. Certains enfants ne sont pas enregistrés à l’état civil, ou alors seulement au nom d’un parent, souvent la mère, ce qui complique leur accès à certains droits fondamentaux.

D’autres pratiques aggravent la vulnérabilité des mineurs : discrimination entre garçons et filles, travaux domestiques pénibles, fréquentation des bars ou consommation d’alcool dès le jeune âge.

Des initiatives pour un changement des comportements

Face à ce constat, la NCDA et ses partenaires multiplient les campagnes de sensibilisation, à l’image du programme « Ndera neza nkure nemye », traduit par «Elève-moi bien pour que je grandisse confiant», qui promeut la discipline positive et le respect des droits de l’enfant. Le lancement de l’application Itetero s’inscrit dans cette dynamique, en offrant un outil d’information et d’accompagnement à destination des parents et des éducateurs.

L’enjeu est de taille: bâtir une société où chaque enfant bénéficie d’une éducation bienveillante, dans un environnement protecteur. Car, comme l’a rappelé la NCDA, un enfant maltraité dans sa maison est un enfant brisé dans son esprit, dans son intelligence et dans son avenir.

Les participants au dialogue consacré à la parentalité positive ©NCDA

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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