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Le ministre Nduhungirehe dénonce la partialité des États-Unis dans la mise en œuvre de l’accord de paix entre le Rwanda et la RDC

Le ministre Nduhungirehe dénonce la partialité des États-Unis dans la mise en œuvre de l’accord de paix entre le Rwanda et la RDC
Le ministre Olivier Nduhungirehe dans un entretien accordé à France 24, Photo: Capture de l’écran

Le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a vivement critiqué ce qu’il qualifie de “partialité de plus en plus criante” des États-Unis dans le suivi de l’accord de paix signé entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC).

Dans un entretien accordé à France 24, il estime que les sanctions américaines visant exclusivement le Rwanda compromettent les efforts de paix plutôt que de les renforcer.

Selon le chef de la diplomatie rwandaise, les sanctions annoncées récemment par Washington reposent sur une “contradiction flagrante”. Il rappelle que le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a lui-même reconnu devant le Congrès que la RDC n’avait pas rempli ses principaux engagements, notamment le démantèlement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe armé que le Rwanda considère comme une menace directe pour sa sécurité.

Signé le 27 juin 2025 sous la médiation des États-Unis, l’accord de Washington prévoit notamment que le gouvernement congolais neutralise les FDLR, tandis que le Rwanda retire progressivement les mesures défensives qu’il affirme avoir mises en place le long de sa frontière.

Pour le ministre Nduhungirehe, le principal obstacle à l’application de cet accord demeure le manque de volonté politique de Kinshasa.

“Il y avait même un chronogramme de 90 jours pour remplir ces obligations, mais malheureusement le problème principal est le manque de volonté politique de la part de Kinshasa”, a déclaré le ministre à France 24.

Il affirme que, malgré les engagements pris, les autorités congolaises n’ont ni neutralisé les FDLR ni mis fin à leur collaboration présumée avec ce groupe armé.

Les accords engagent les deux parties

Le ministre rwandais est également revenu sur l’audition de Marco Rubio devant le Congrès américain le 5 juin 2026.

Selon lui, le chef de la diplomatie américaine y a reconnu que le Rwanda respectait ses engagements, tout en admettant que la RDC n’avait pas commencé à mettre en œuvre les siens.

“Les accords sont signés par deux parties, pas uniquement par le Rwanda”, a insisté Olivier Nduhungirehe, estimant qu’il est incohérent de sanctionner une seule partie alors que les obligations prévues par l’accord sont réciproques.

Il a également précisé que l’échéance évoquée pour le retrait progressif des mesures défensives rwandaises ne constituait pas une exigence imposée par Washington.

Selon lui, cette proposition avait été formulée par le Rwanda afin d’accélérer la mise en œuvre de l’accord de paix, à condition que la RDC remplisse simultanément ses propres engagements.

Critique des sanctions américaines

Le 25 juin dernier, les États-Unis ont annoncé des sanctions visant notamment Gasabo Gold Refinery, ses dirigeants et plusieurs entreprises du secteur minier rwandais.

Pour le ministre Nduhungirehe, ces mesures ne contribueront pas au règlement du conflit.

“Ces sanctions sont partiales. Elles ne visent qu’une seule partie et ne peuvent produire aucun résultat. Sanctionner une seule partie n’est pas le rôle d’un médiateur; cela risque plutôt d’encourager l’autre à ne pas respecter ses propres engagements”, a-t-il déclaré.

Le ministre estime que la mission d’un médiateur est d’amener les deux parties à appliquer les dispositions de l’accord, et non d’exercer une pression unilatérale.

Il affirme par ailleurs que la situation sécuritaire dans l’est de la RDC continue de se détériorer.

Selon le ministre, les forces armées congolaises auraient repris des offensives contre les positions de l’AFC/M23 ainsi que contre des zones habitées par les Banyamulenge, notamment dans le territoire de Minembwe.

Le ministre considère que cette reprise des combats illustre les conséquences d’une médiation perçue comme déséquilibrée.

“Nous devons revenir à la table des négociations et veiller à ce que chaque partie respecte les engagements qu’elle a librement souscrits. La paix ne peut être durable si un seul signataire applique l’accord”, a-t-il affirmé.

Plus d’un an après la signature de l’accord de Washington, le processus de paix demeure confronté à de nombreux défis. Le Rwanda soutient que la neutralisation des FDLR devait constituer la première étape avant tout retrait des mesures défensives rwandaises, conformément au calendrier initial.

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