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“Le pardon est un don que vous faites”: le message fort du Président Kagame aux rescapés du Génocide contre les Tutsi

“Le pardon est un don que vous faites”: le message fort du Président Kagame aux rescapés du Génocide contre les Tutsi

Lors d’un dialogue de haut niveau tenu à Intare Conference Arena, le Président Paul Kagame a livré un message puissant sur la question du pardon, de la mémoire et de la responsabilité collective, face aux survivants du Génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

La rencontre, organisée dans le cadre des activités de Unity Club Intwararumuri, a réuni des membres de l’organisation ainsi que plusieurs dirigeants nationaux.

Le Président Kagame a partagé une question qui lui avait été posée autrefois par une jeune fille. Elle lui demandait pourquoi le fardeau de porter cette lourde histoire, ainsi que l’obligation de pardonner et d’oublier, reposaient toujours sur eux.

La réponse du chef de l’État a été immédiate: “C’est parce que c’est vous qui avez quelque chose à donner.” Il a expliqué qu’il ressentait que c’était à eux qu’il fallait demander ce geste, car il n’y avait personne d’autre à qui le demander.

Selon lui, le pardon ne peut venir que de ceux qui ont survécu aux atrocités, car ce sont eux qui portent la douleur la plus profonde. Il a reconnu cependant la difficulté extrême d’une telle exigence humaine, notamment pour ceux qui ont perdu leurs proches.

Pour le Président, malgré cette souffrance, le pardon demeure une étape essentielle dans le processus de guérison individuelle et collective.

Pour le Président Kagame, le pardon ne doit pas être perçu comme un oubli, mais comme un processus de libération personnelle et sociale.

Il a souligné que l’expression de la vérité et le partage des expériences vécues jouent un rôle essentiel dans la reconstruction du tissu social rwandais.

Cet exercice, bien que difficile, constitue selon lui une étape incontournable vers une société plus unie et résiliente.

Face à l’horreur, préserver l’humanité  

Évoquant ses souvenirs de la période du génocide, le président Kagame a décrit les scènes de massacres et de fosses communes auxquelles il a été confronté.

Il a expliqué avoir parfois demandé à ses commandants de ne plus lui imposer certaines visions, afin de préserver son jugement et éviter que l’horreur n’influence ses décisions.

À travers cette expérience, il a établi un parallèle avec le vécu des rescapés, aujourd’hui appelés à vivre aux côtés d’autres citoyens dans un même espace social.

L’enjeu, selon lui, est de reconstruire l’humanité des victimes et de favoriser une coexistence fondée sur la dignité retrouvée.

Le silence n’est pas neutre: une responsabilité collective

Le Président Kagame a insisté sur la nécessité pour chaque citoyen de contribuer à la prévention de nouvelles dérives idéologiques.

Selon lui, ne pas avoir participé aux crimes ne suffit pas à se dédouaner moralement. “Même le silence ne vous rend pas innocent.”

Il a averti que l’indifférence face au mal peut être interprétée comme une forme de complicité passive, car elle laisse prospérer les idéologies destructrices.

Le Chef de l’État a également rejeté l’argument de la peur comme justification du silence, affirmant que se taire face à l’injustice constitue un danger pour la société.

Unity Club salué pour son rôle dans la réconciliation

Le président Paul Kagame a par ailleurs salué les initiatives de Unity Club Intwararumuri, qu’il a qualifié de plateforme essentielle pour le dialogue, la réflexion et la cohésion nationale.

Il a encouragé la poursuite de ces échanges comme un moyen de renforcer la paix sociale et la compréhension mutuelle.

Selon lui, le processus de guérison passe aussi par la parole, la vérité et l’aveu sincère du passé, même lorsque celui-ci est douloureux.

Le Président Paul Kagame et la Première Dame Jeannette Kagame ont participé à ce dialogue, Photo © RBA

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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