Le Conseil d’Etat confirme l’opposition du maire d’Orléans à l’inhumation de Protais Zigiranyirazo
Les obsèques de Protais Zigiranyirazo, alias «Monsieur Z », ancien haut responsable du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda, ne pourront définitivement pas se tenir à Orléans.
Décédé début août 2025 au Niger à l’âge de 87 ans, sa famille souhaitait l’enterrer au grand cimetière d’Orléans, mais le maire de la ville, Serge Grouard, s’y était opposé pour éviter tout trouble à l’ordre public.
Après un premier refus validé par le juge des référés du tribunal administratif le 28 août, le Conseil d’État a confirmé la décision ce lundi 8 septembre, donnant ainsi raison au maire, comme l’a rapporté le journal “La République du Centre” qui cite France 3 Centre-Val de Loire.
cérémonie religieuse initialement prévue le jeudi 28 août à l’église Saint-Paterne, en présence de 400 personnes, avait déjà été annulée. A ce jour, «Monsieur Z» n’a toujours pas de sépulture.
Un parcours judiciaire controversé
Protais Zigiranyirazo est reconnu comme l’un des cerveaux du génocide rwandais de 1994, qui a entraîné la mort de plus d’un million personnes. Condamné en première instance à 20 ans de réclusion criminelle, il avait ensuite été acquitté par le Tribunal pénal international pour le Rwanda en 2009, suscitant de vives réactions au niveau national et international.
Le Conseil d’Etat, en confirmant l’interdiction de l’inhumation à Orléans, réaffirme ainsi le rôle des autorités locales dans la prévention de troubles à l’ordre public et met l’accent sur la mémoire des victimes du génocide.
Cette décision clôture un chapitre judiciaire qui avait déjà fortement mobilisé la ville et les autorités françaises, soucieuses de gérer les conséquences symboliques de la venue d’un individu impliqué dans l’un des crimes les plus atroces de l’histoire contemporaine rwandaise.
Pour l’heure, la question de la sépulture de Protais Zigiranyirazo reste en suspens, tandis que les autorités et la famille continuent de débattre d’un lieu d’inhumation approprié, à l’étranger ou ailleurs en France, en tenant compte des impératifs de sécurité et de respect de la mémoire des victimes.

