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Tito Rutaremara rappelle le rôle central de la communauté dans l’éducation traditionnelle

Tito Rutaremara rappelle le rôle central de la communauté dans l’éducation traditionnelle

Dans un message partagé sur la plateforme X, l’honorable Tito Rutaremara, président du Forum des sages du Rwanda, a livré une réflexion sur l’éducation et l’éthique dans la société rwandaise traditionnelle. Il a rappelé que l’éducation des enfants n’était pas l’affaire des seuls parents, mais de toute la communauté.

Une éducation collective

Selon Rutaremara, “au Rwanda d’autrefois, chaque enfant appartenait non seulement à ses parents, mais aussi à sa famille élargie et à la société tout entire”. Tantes, oncles, grands-parents et voisins participaient tous à la formation morale et pratique des enfants. Chaque adulte était considéré comme un éducateur, et chaque enfant comme un enfant de la communauté.

L’éducation visaient à transmettre des valeurs, des savoir-faire et des connaissances utiles à la vie quotidienne. Les enfants apprenaient à travers l’exemple:

  • Les garçons observaient et imitaient leurs pères dans les travaux agricoles ou l’élevage, et s’exerçaient à des jeux de force et d’adresse (tir à l’arc, lancer de sagaie, lutte, course, etc.).
  • Les filles, de leur côté, reproduisaient les tâches domestiques de leurs mères à travers des jeux d’imitation (préparer à manger, porter un bébé, balayer, tresser, etc.).

En soirée, dans les familles, les enfants participaient à des veillées faites d’histoires, de proverbes et de chants, qui transmettaient la mémoire du pays.

De l’adolescence à la formation spécialisée

À l’adolescence, les garçons poursuivaient leur formation selon le statut social de leur famille:

  • Ceux issus de familles modestes restaient au foyer, mais apprenaient le maniement de la lance, du bouclier et de l’arc.
  • Les plus favorisés pouvaient être envoyés auprès des chefs locaux pour un entraînement militaire intensif: maniement des armes, épreuves de force, discipline et vie communautaire. De là sortaient les troupes d’élite locales, comme les Abashakamba.
  • Les familles les plus aisées envoyaient leurs fils à la cour royale. Ils y recevaient un enseignement complet, militaire mais aussi politique, en participant aux veillées royales où ils écoutaient récits historiques et débats. Ces jeunes formaient le noyau des célèbres Ingangurarugo, les gardes royaux.

Pour les filles, quelle que soit leur condition, la préparation à l’âge adulte se concentrait sur la gestion du foyer. Les tantes jouaient un rôle central dans leur accompagnement. Mais elles n’étaient pas exclues des veillées, où elles participaient aux chants, aux contes et aux discussions, acquérant ainsi une culture générale et historique.

En conclusion, Tito Rutaremara souligne que ce modèle éducatif reposait sur un principe fondamental: la responsabilité collective. L’enfant appartenait à la nation toute entière et recevait une éducation équilibrée, à la fois pratique, morale, culturelle et civique.

Ce rappel, estime-t-il, doit inspirer le Rwanda contemporain dans sa réflexion sur l’école, l’éducation des valeurs et la transmission de la mémoire nationale.

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