Nyagatare: la foire-exposition ouvre de nouveaux marchés aux agriculteurs et éleveurs, malgré des défis persistants
Par Mariette UWAMALIYA
La foire-exposition et de vente organisée dans le district de Nyagatare du 18 au 22 juin 2026 s’est achevée sur une note positive pour la majorité des participants. Agriculteurs, éleveurs et entrepreneurs affirment y avoir trouvé de nouvelles opportunités commerciales, des partenaires potentiels et des connaissances utiles pour développer leurs activités.
Toutefois, certains d’entre eux continuent de faire face à des obstacles majeurs, notamment les maladies des cultures et du bétail, le manque de capitaux et l’accès limité à l’information sur les mécanismes de financement.
Pendant cinq jours, la manifestation a servi de plateforme d’échanges et de promotion des produits locaux. À l’heure du démontage des stands, de nombreux exposants se disaient satisfaits des contacts noués et des perspectives de croissance qui s’offrent désormais à eux.
Une vitrine d’apprentissage et de développement commercial
Pour plusieurs participants, la foire a été bien plus qu’un simple espace d’exposition. Elle leur a permis de découvrir de nouvelles techniques de production, d’échanger avec d’autres professionnels et d’identifier des solutions susceptibles d’améliorer leur rendement.
Des agriculteurs ont notamment indiqué avoir découvert de nouveaux types d’engrais, des méthodes de production plus efficaces ainsi que des possibilités de financement qu’ils ignoraient jusque-là. Certains jeunes producteurs ont également souligné avoir pris connaissance de mécanismes de crédit sans garantie, susceptibles de les aider à renforcer leurs investissements.
Les exposants estiment que ces échanges leur permettront d’améliorer leurs pratiques agricoles tout en élargissant leurs débouchés commerciaux.
Les maladies des cultures restent une préoccupation majeure
Malgré les opportunités offertes par la foire, les producteurs de piment ont alerté sur la persistance de maladies qui affectent fortement leurs récoltes.
Parmi les principaux défis évoqués figurent la maladie connue sous le nom de « Kabore » ainsi que certains parasites du sol qui provoquent le dépérissement des cultures. Selon les agriculteurs, ces problèmes peuvent entraîner des pertes considérables et réduire significativement la rentabilité des exploitations.
Les producteurs demandent ainsi à l’Office rwandais de l’agriculture et de l’élevage (RAB) de renforcer la recherche afin d’identifier des solutions durables contre ces maladies.
Ils estiment également que le prix actuel du piment frais ne couvre plus suffisamment les coûts de production, en raison notamment de la hausse du prix des intrants agricoles et de la main-d’œuvre.
L’agriculture durable gagne du terrain
Les participants ont par ailleurs salué l’appui de certaines organisations de développement qui les accompagnent dans l’adoption de pratiques agricoles plus durables.
Des producteurs ont expliqué avoir appris à transformer les résidus de récolte en compost organique plutôt que de les brûler, une méthode qui contribue à améliorer la fertilité des sols tout en réduisant l’impact environnemental.
Ils soulignent néanmoins le besoin d’infrastructures adaptées pour la préparation et le stockage de ce type d’engrais organique.
Les éleveurs satisfaits des nouvelles opportunités de marché
Du côté des éleveurs, la foire a également été perçue comme une occasion de trouver de nouveaux clients et de promouvoir leurs produits.
Des bénéficiaires du programme « Hinduka Wigire », mis en œuvre avec l’appui de World Vision, ont témoigné des progrès réalisés dans l’élevage de volailles grâce à l’épargne communautaire et à l’utilisation d’incubateurs d’œufs.
Selon eux, l’élevage de poules pondeuses contribue non seulement à générer des revenus, mais aussi à améliorer la nutrition des ménages.
Cependant, les éleveurs déplorent le manque récurrent de médicaments vétérinaires, en particulier pour traiter certaines maladies respiratoires affectant les volailles. Ils demandent également davantage de formations sur la fabrication d’aliments pour animaux ainsi qu’un meilleur accès aux informations relatives aux crédits proposés par le Business Development Fund (BDF), désormais une branche de la Banque Rwandaise de Développement (BRD).
Plusieurs participants reconnaissent avoir déjà entendu parler du BDF à travers les médias, mais affirment ne pas disposer d’informations suffisantes sur les procédures à suivre pour accéder aux prêts et aux mécanismes de garantie.
Ils souhaitent ainsi un renforcement des campagnes de sensibilisation afin que davantage d’agriculteurs, d’éleveurs et de jeunes entrepreneurs puissent bénéficier des opportunités de financement existantes.
Les autorités saluent l’impact de la foire
À la clôture de l’événement, les autorités du district de Nyagatare ont salué une forte mobilisation des partenaires et de la population.

Selon l’administration locale, la foire a également permis de rapprocher plusieurs services publics des citoyens, notamment les services fonciers, les services numériques d’Irembo ainsi que les mécanismes de réception et de traitement des doléances de la population.
Les autorités ont rappelé que le développement agricole demeure une priorité pour le district, mettant en avant plusieurs projets structurants en cours, notamment l’aménagement des marais, le barrage polyvalent de Muvumba et le projet Gabiro Agri Business Hub, destinés à accroître la productivité agricole et à stimuler les investissements.
Organisée sur le terrain de football du campus de Nyagatare de l’Université du Rwanda, la foire-exposition s’est tenue sous le thème : « Le partenariat au service de l’innovation et de la promotion du Made in Rwanda ». Elle a été organisée conjointement par le district de Nyagatare, le Forum des partenaires et la Fédération du secteur privé (PSF).
La cérémonie de clôture a été marquée par la remise de distinctions aux exposants s’étant démarqués par leur innovation, leur professionnalisme et la qualité de leurs services, consacrant ainsi une édition qui aura permis de renforcer les liens entre producteurs, investisseurs et consommateurs.

