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Procès de génocide en appel à Paris: Munyemana, un médecin qui détenait les clés de la mort

Procès de génocide en appel à Paris: Munyemana, un médecin qui détenait les clés de la mort
L’ancien bureau du secteur de Tumba, actuellement bureau de la cellule de Gitwa

Le jeudi 2 octobre 2025, Pax Press a conduit une descente des journalistes à Tumba, dans le district de Huye, lieu des faits reprochés au Dr Sosthène Munyemana, poursuivi pour génocide contre les Tutsi devant la Cour d’assises de Paris. Sur place, les journalistes ont recueilli les témoignages de rescapés.

La Cour d’assises de Paris examine en effet le dossier du Dr Sosthène Munyemana, ancien gynécologue-obstétricien rwandais, condamné en première instance à 24 ans de réclusion pour complicité de génocide.

À Tumba, les rescapés se remémorent le rôle du médecin et le bureau de secteur, transformé en 1994 en véritable antichambre de la mort.

Au cœur des accusations se trouve l’ancien bureau de secteur de Tumba, une bâtisse toujours debout aujourd’hui, qui sert désormais de bureau de la cellule de Gitwa. Durant le génocide, il a été utilisé comme lieu d’enfermement pour des Tutsi. Entassés dans des conditions inhumaines, ils y attendaient leur sort avant d’être conduits vers leur exécution. À quelques mètres du bâtiment, une fosse septique servait de charnier.

“Ils les amenaient ici au bureau de secteur et les enfermaient. Ceux qui entraient ne ressortaient plus”, raconte un rescapé rencontré au même bâtiment. Selon plusieurs rescapés, le Dr Munyemana détenait la clé de ce lieu. “Détenir la clé, c’était décider qui vivait et qui mourait”, explique un autre.

Certains rescapés ne comprennent toujours pas pourquoi Munyemana n’a jamais utilisé cette clé pour sauver des vies. “Le fait qu’il détenait la clé, c’était le pouvoir de sauver ou de condamner. pourquoi ne les a-t-il jamais emmenés chez lui pour les sauver ? ”, commente une rescapée.

Les rescapés racontent attendre de la justice non seulement une condamnation, mais aussi une reconnaissance claire de ce qui s’est passé. “Nous avons confiance en la justice française et attendons que justice soit rendue et que notre dignité soit rétablie”, déclare une femme rencontrée par les journalistes.

Pour les rescapés, le procès en appel à Paris n’est pas un débat juridique abstrait : il est lié à leur vécu, à leur mémoire et à la clé qui, en 1994, a ouvert la porte de la mort. “Nous n’avons aucune rancune contre Sosthène, mais nous voulons que la vérité soit rétablie”, insiste un habitant avant de conclure : “Il faut que justice soit faite pour que personne ne dise un jour que nous les habitants de Tumba sommes des menteurs.”

Après le génocide, les corps jetés dans la fosse septique voisine ont été exhumés et inhumés dignement au mémorial de Ngoma, dans le district de Huye.

Les journalistes sur le terrain : c’est ici que se trouvait la fosse septique où les Tutsi étaient jetés après avoir été exécutés

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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