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Procès pour génocide contre les Tutsi: Sosthène Munyemana condamné à nouveau en appel

Procès pour génocide contre les Tutsi: Sosthène Munyemana condamné à nouveau en appel

La cour d’assises de Paris a confirmé, jeudi 23 octobre 2025, la condamnation de l’ancien médecin rwandais Sosthène Munyemana à 24 ans de réclusion criminelle pour crimes de génocide et crimes contre l’humanité commis en 1994 au Rwanda.

Ce verdict, tombé vers 22 h 45, maintient la même peine prononcée en première instance en décembre 2023. Toutefois, la période de sûreté est portée de huit à douze ans.

Né en 1955 à Musambira, aujourd’hui dans le district de Kamonyi, Munyemana avait étudié la médecine à l’Université nationale du Rwanda avant de se spécialiser en gynécologie à Bordeaux, en France.

Pendant le génocide, il vivait à Tumba, dans la préfecture de Butare, actuel district de Huye, où il exerçait comme médecin. Il était accusé d’avoir détenu des civils tutsis dans les locaux du secteur de Tumba avant qu’ils ne soient massacrés.

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Surnommé “le boucher de Tumba”, Sosthène Munyemana était poursuivi pour avoir pris part à des réunions incitant à l’extermination des Tutsi et pour avoir détenu la clé du bureau du secteur, lieu où de nombreuses victimes furent enfermées avant leur exécution.

Le procès en appel, ouvert le 16 septembre, a ravivé les souvenirs des tueries de Butare, l’un des épicentres du génocide des Tutsi qui fit plus d’un million de morts. Le ministère public avait demandé la confirmation de la condamnation et réclamé la réclusion criminelle à perpétuité. Finalement, la cour a retenu la même peine que celle de 2023.

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Tout au long des audiences, l’ancien gynécologue a clamé son innocence, affirmant avoir tenté de sauver des personnes menacées. Ses cinq avocats ont défendu l’image d’un médecin «humaniste et dévoué», évoquant les témoignages de ses collègues français. Mais pour les juges et les jurés, les témoignages et éléments produits ont confirmé son rôle dans la mécanique génocidaire.

Arrêté en France après plusieurs plaintes déposées par des associations de rescapés et de défense des droits humains, Sosthène Munyemana était jugé en France au titre de la compétence universelle, permettant de poursuivre les auteurs de crimes les plus graves, quelle que soit leur nationalité ou le lieu des faits.

Cette condamnation en appel vient clore plus de vingt-cinq ans de procédures, marquant une nouvelle étape dans la quête de justice pour les victimes du génocide des Tutsi.

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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