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Scène mondiale, vide intérieur en RDC: la diplomatie-spectacle du président Félix Tshisekedi

Scène mondiale, vide intérieur en RDC: la diplomatie-spectacle du président Félix Tshisekedi

Par Danny Kirenga

Sous les sourires échangés à Doha, un parfum d’autosatisfaction et de déconnexion. Tandis que la communication présidentielle s’empresse de vanter une harmonie retrouvée entre Félix Tshisekedi et le roi Philippe, la réalité semble moins flatteuse: celle d’un chef d’État en quête de reconnaissance, multipliant les déplacements sans retombées tangibles, les promesses creuses et les effets d’annonce. Pendant que le président s’illustre à l’international, la majorité des Congolais s’enfonce dans la précarité, l’insécurité et la désillusion.

Une vitrine sans contenu

Le Sommet mondial pour le développement social à Doha aura surtout servi de décor à une nouvelle opération d’image. Le “Couloir vert Kivu–Kinshasa”, présenté comme emblème d’un Congo tourné vers l’écologie, relève davantage du marketing politique que d’une réelle vision de développement. Derrière le lexique rassurant – durabilité, inclusion, transition – se cache un pouvoir dépourvu de stratégie cohérente, incapable d’articuler des politiques publiques durables.

Sur le terrain, le contraste est saisissant: forêts livrées au pillage, terres accaparées, populations déplacées dans des conditions indignes. Alors que Kinshasa disserte sur la “reforestation” à l’étranger, les bombes continuent de pleuvoir sur le Nord-Kivu. Tshisekedi parle de développement, mais peine à assurer la sécurité de ses citoyens.

Le diplomate itinérant

Depuis 2019, le chef de l’État a fait de la scène internationale son principal théâtre d’expression. Paris, Washington, Davos, Doha… les escales se succèdent, les discours se répètent, les annonces se diluent. Aucune retombée majeure, ni sur le plan économique, ni sur le plan politique.

Cette frénésie de voyages, financée à prix d’or, n’a pas permis de mobiliser d’investissements structurants ni d’ancrer le pays dans une diplomatie d’influence. Elle a plutôt conforté l’image d’un président plus à l’aise dans les salons internationaux que sur le sol congolais. Pendant que la dette s’alourdit et que la corruption prospère, le pouvoir se réfugie dans la mise en scène d’une réussite illusoire.

Un pays appauvri, un pouvoir prospère

La fracture entre le sommet et la base n’a jamais été aussi criante. Tandis que le chef de l’État multiplie les tribunes mondiales, les fonctionnaires attendent leurs salaires, les hôpitaux tournent à vide et les déplacés de guerre s’entassent dans des camps improvisés.

À l’inverse, les proches du pouvoir affichent une prospérité insolente: résidences à l’étranger, comptes bien garnis, contrats miniers opaques. Le slogan d’un “Congo qui se relève” sonne creux lorsqu’on observe la réalité: un pays affaibli, des institutions fragilisées et un clan présidentiel qui consolide ses privilèges.

Bruxelles ferme les yeux

L’attitude conciliante de la Belgique alimente ce sentiment d’impunité. En serrant la main de Tshisekedi, le roi Philippe a offert une forme de validation à un régime contesté pour ses dérives autoritaires et son manque de transparence. Bruxelles sait, mais se tait – par intérêt économique ou par prudence diplomatique.

Le prétendu “partenariat vert” n’est qu’un habillage: derrière les discours sur la coopération durable se cache un troc cynique entre respectabilité politique et protection des intérêts miniers.

Un leadership en perte de cap

De Doha à Kinshasa, une constante s’impose: Félix Tshisekedi semble naviguer à vue. Son mandat s’apparente à une succession d’initiatives sans lendemain et de promesses sans suivi. Faute de ligne directrice, la diplomatie congolaise s’est muée en errance, et la politique intérieure en série d’improvisations.

Le Congo n’a pas besoin d’un président globe-trotter, mais d’un dirigeant enraciné, capable de bâtir une vision claire et de répondre aux urgences nationales avant de chercher les applaudissements extérieurs.

Tant qu’il confondra visibilité internationale et leadership véritable, Félix Tshisekedi restera perçu comme un chef d’État indécis, en perpétuelle quête de légitimité.

Et pendant qu’il poursuit son marathon diplomatique, le peuple congolais, lui, continue de marcher dans l’ombre.

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