Kagame dénonce les pressions sur le Rwanda malgré les Accords de Washington
Le Président Paul Kagame a présidé, jeudi 11 décembre 2025, au Parlement à Kimihurura, la cérémonie de prestation de serment de nouveaux responsables politiques. Ont prêté serment deux nouveaux Ministres d’État , un sénateur nouvellement nommé, ainsi que des juges récemment nommés à la Cour d’appel.
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Dans son allocution, le Chef de l’État est longuement revenu sur la récente signature des Accords de Washington conclus entre le Rwanda et la République démocratique du Congo sous la médiation du Président des États-Unis. Il a dénoncé les contradictions et les pressions exercées sur le Rwanda depuis cet accord, alors même que Kigali affirme œuvrer pour une paix durable dans la région.
“Lors de nos discussions à Washington, plusieurs interlocuteurs reconnaissaient très bien la réalité de la situation. Mais, une fois la réunion terminée, certains reviennent nous dire : ‘Le Rwanda est fort’, sous-entendu: parce que vous êtes forts, vous devez rester passifs face à ceux qui vous attaquent”, a expliqué le Président Kagame.
“Dans toute l’histoire ou la politique que je connais, je n’ai jamais entendu un tel raisonnement. Notre force est modeste: elle se limite à nous défendre. Dire qu’être fort signifie ne pas se défendre n’a aucun sens.”
Le Président Kagame a rappelé que la crise actuelle ne trouve pas son origine au Rwanda, mais chez ses voisins. “Ce problème vient de nos voisins, avec une histoire complexe, des enjeux politiques et beaucoup d’ambiguïtés. Pour que la paix que nous souhaitons tous devienne possible, il faut d’abord clarifier les choses. Je ne sais pas s’il existe un pays qui a besoin de paix plus que le Rwanda. Nous savons ce que signifie l’absence de paix ; nous en avons payé le prix.”
Il a dénoncé les discours qui, malgré la signature des Accords de Washington, persistent à faire porter au Rwanda la responsabilité de l’ensemble des tensions régionales. “Deux pays ont signé l’accord, mais le poids des responsabilités semble reposer sur un seul. Même si l’un accuse l’autre à tort, on ne peut pas lui faire porter tous les fardeaux”, a-t-il insisté.
Le Chef de l’État a également dénoncé les menaces continues proférées contre le Rwanda. “Les intimidations sont quotidiennes : certains annoncent qu’ils vont effacer le Rwanda. Je reçois des appels à toute heure, mais je ne m’en inquiète pas.”
Il a rappelé que l’existence du Rwanda ne dépend d’aucune puissance extérieure. “Le Rwanda n’a pas été créé par des hommes. Celui qui a créé l’univers est le même qui nous a créés. Personne ne peut se proclamer architecte de notre nation.”
Enfin, il a réaffirmé l’engagement du Rwanda en faveur de la paix, tout en soulignant la nécessité de rester vigilant. “Nous voulons la paix et nous nous battrons pour l’obtenir. Mais celui qui veut la paix se prépare aussi à ce qui ne l’est pas. Lorsque le danger survient, il faut être prêt à y faire face, jusqu’à ce que la paix soit restaurée.”


