Transparency International Rwanda tire la sonnette d’alarme sur la mauvaise gestion des déchets et l’érosion
Le jeudi 11 décembre 2025, Transparency International Rwanda (TI-Rwanda), en partenariat avec Norwegian People’s Aid (NPA), a organisé à Kigali un dialogue sur les enjeux environnementaux urgents.
Placée sous le thème: “S’attaquer aux problèmes de gestion des déchets solides et au drainage des eaux le long des routes aménagées, causes d’érosions dans les communautés voisines”, la rencontre a réuni décideurs publics, experts et représentants de la société civile pour examiner les défis liés à la gestion des déchets et aux infrastructures routières, à l’origine d’érosion dans plusieurs communautés.
Le Directeur exécutif de TI-Rwanda, Appolinaire Mupiganyi, a rappelé que les données collectées au niveau communautaire révèlent des problèmes environnementaux systémiques. “Le développement rapide du Rwanda doit impérativement s’accompagner de garanties environnementales solides”, a-t-il souligné.
Il a identifié plusieurs lacunes majeures: la gestion insuffisante des déchets solides, des systèmes de drainage déficients sur certains axes routiers récemment construits et un suivi citoyen limité des projets d’infrastructure.
Mupiganyi a plaidé pour une action coordonnée entre institutions publiques, administrations locales et société civile, afin de renforcer la protection des populations et d’assurer un développement durable et inclusif.
Au nom de NPA, Dinah Mutamba, a salué les initiatives visant à amplifier la voix des citoyens sur les enjeux environnementaux, tout en rappelant que les défis demeurent importants.
Parmi les problèmes fréquemment signalés figurent:
- la gestion inadéquate des déchets, notamment l’abandon de plastiques et de bouteilles;
- des systèmes de drainage sous-standard le long de certaines routes;
- diverses injustices environnementales affectant la santé, la sécurité et les moyens de subsistance des populations.
Pour NPA, ces constats démontrent l’urgence d’une collaboration institutionnelle renforcée et d’un suivi plus strict des normes environnementales.
La Directrice générale de l’Eau et de l’Assainissement au ministère des Infrastructures, Gemma Maniraruta, a rappelé que le gouvernement reste déterminé à appliquer des normes strictes de sauvegarde environnementale et sociale dans tous les projets d’infrastructure.
Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la conformité aux standards existants et d’améliorer les systèmes de drainage pour protéger les communautés riveraines. “La protection des communautés, l’amélioration du drainage et le respect des normes environnementales sont des priorités nationales”, a-t-elle affirmé.
Des cas concrets d’injustice environnementale
Le projet Advocacy and Legal Advice Center (ALAC) de TI-Rwanda a présenté 20 cas d’injustice environnementale enregistrés en 2025. Selon Mme Mukarukundo Odette, Conseillère juridique, ces situations concernent:
- des familles déplacées de zones à haut risque;
- des habitations endommagées par des eaux provenant des propriétés voisines;
- des infrastructures publiques traversant des terrains privés sans compensation;
- des dommages liés à des activités minières;
- des citoyens non indemnisés malgré les impacts d’installations énergétiques.
Ces cas illustrent les obstacles persistants rencontrés par les citoyens dans la défense de leurs droits environnementaux.
Le dialogue a comporté des présentations techniques sur le drainage routier, la gestion des déchets plastiques et le rôle des parties prenantes dans la surveillance des normes environnementales et sociales.
Parmi les principales recommandations :
- sensibiliser aux impacts socio-économiques des défaillances environnementales;
- formuler des engagements concrets pour combler les lacunes dans la gestion des déchets et la construction routière;
- renforcer la coordination entre institutions publiques, société civile et partenaires de développement.


