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Uvira: entre retrait annoncé de l’AFC/M23 et inquiétudes croissantes de la population civile

Uvira: entre retrait annoncé de l’AFC/M23 et inquiétudes croissantes de la population civile
Manifestation pacifique à Uvira après l’annonce du retrait partiel de l’AFC/M23.

Une semaine après la prise de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, par l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), la situation demeure tendue et incertaine. Mercredi 10 décembre 2025, ce mouvement politico-militaire avait annoncé avoir pris le contrôle de cette cité stratégique, frontalière du Burundi via le poste de Kavinvira, après avoir délogé une coalition composée des Forces armées de la RDC (FARDC), de l’armée burundaise, des milices Wazalendo, Maï-Maï et des rebelles FDLR.

Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2025, un nouveau tournant est intervenu. Sur son compte X, le coordonnateur de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a annoncé un retrait partiel des troupes du mouvement de la ville d’Uvira. Cette décision, formalisée dans un communiqué signé par lui-même, fait suite à une requête de la médiation américaine, dans le cadre du processus de paix en cours à Doha.

Un retrait présenté comme un geste de bonne foi

Dans son communiqué, l’AFC/M23 affirme inscrire cette décision dans la dynamique du processus de paix de Doha, qui a récemment enregistré des avancées notables, notamment avec la signature de l’Accord-cadre de Doha le 15 novembre 2025. Le mouvement indique vouloir poser une mesure unilatérale de renforcement de la confiance afin de donner toutes ses chances à une solution durable au conflit, malgré ce qu’il qualifie de provocations et d’abus persistants de la part des FARDC et de leurs alliés.

Toutefois, l’AFC/M23 se dit préoccupée par les précédents, rappelant que des retraits similaires avaient, par le passé, été suivis de représailles contre des civils accusés de sympathie envers le mouvement. À ce titre, l’Alliance appelle les garants du processus de paix à mettre en place des mécanismes clairs pour la gestion de la ville, incluant sa démilitarisation, la protection des populations et des infrastructures, ainsi que le contrôle effectif du cessez-le-feu par le déploiement d’une force neutre.

Le mouvement précise par ailleurs qu’un éventuel retrait d’Uvira ne saurait signifier un retour des forces congolaises, burundaises ou des groupes armés alliés dans la ville.

Mobilisation populaire et crainte d’un vide sécuritaire

Au lendemain de cette annonce, la réaction de la population ne s’est pas fait attendre. Dans la matinée du mardi 16 décembre 2025, des manifestations spontanées ont été observées dans plusieurs quartiers de la ville. Des habitants sont descendus dans les rues pour exprimer leur solidarité avec l’AFC/M23 et demander à ses forces de ne pas quitter Uvira.

Selon des témoins, les manifestants, hommes, femmes et jeunes confondus, scandaient des chants favorables à l’AFC/M23 et à son chef militaire, le général-major Sultani Makenga. Des pancartes portaient des messages de remerciement, saluant ce qu’ils qualifient de “liberation” de la ville et exprimant leur crainte d’un retour des violences en cas de retrait.

Ces manifestations traduisent une inquiétude largement partagée au sein de la population, qui redoute un vide sécuritaire et d’éventuelles représailles si la ville venait à repasser sous le contrôle des forces précédemment chassées.

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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