L’attaque de drone à Goma révèle une grave menace sécuritaire à la frontière du Rwanda — Jean-Maurice Uwera
“L’attaque de drone survenue aujourd’hui à Goma met en évidence la menace sécuritaire persistante près de la frontière du Rwanda. Alors que Kigali subit des pressions pour lever ses mesures défensives, les forces armées de la RDC et les FDLR continuent les hostilités”, a déclaré sur X Jean-Maurice Uwera, porte-parole adjoint du gouvernement rwandais.
Cette réaction intervient au lendemain d’une attaque de drone ayant frappé la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L’explosion a fait au moins trois morts, dont une travailleuse humanitaire française de l’UNICEF, Karine Buisset, tuée dans sa résidence où logeaient des employés humanitaires internationaux.
Selon plusieurs sources, les explosions se sont produites tôt le matin dans un quartier résidentiel de Goma, une ville située à quelques kilomètres seulement de la frontière rwandaise. Les frappes ont touché notamment une maison louée par des travailleurs humanitaires internationaux.
La victime française, Karine Buisset, travaillait pour le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).
Dans une autre réaction publiée sur X, la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a exprimé son incompréhension face à l’absence d’informations claires sur l’origine de l’attaque.
Elle souligne que cette incertitude survient malgré la présence de nombreuses forces militaires et de la mission de maintien de la paix des Nations unies (MONUSCO) dans la ville, et alors que plusieurs rapports font état d’une multiplication des attaques de drones dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
“Chaque vie compte”, a-t-elle déclaré, appelant à faire toute la lumière sur cet incident meurtrier.
De son côté, le mouvement AFC/M23 accuse le gouvernement de Kinshasa d’avoir mené une opération militaire contre une zone urbaine densément peuplée. Selon ses responsables, un drone de combat aurait frappé la ville bien au-delà des lignes de front où s’affrontent habituellement les forces armées congolaises (FARDC) et les combattants du mouvement.
Corneille Nangaa, coordonateur politique de l’AFC/M23, qui s’est rendu sur les lieux de l’attaque, affirme que les frappes visaient directement les dirigeants du mouvement.
Selon lui, les drones auraient tenté de décapiter le leadership de l’organisation, notamment lui-même et le chef militaire Sultani Makenga. “L’objectif du régime de Kinshasa est d’affaiblir la révolution, l’opposition politique ainsi que ses principaux piliers politiques et sécuritaires”, a-t-il déclaré.
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La mort de la travailleuse humanitaire française a suscité de nombreuses réactions internationales. La France, la Belgique et l’Union européenne ont exprimé leur tristesse et leurs condoléances à la famille de la victime.
Pour l’heure, aucune autorité internationale n’a officiellement attribué la responsabilité de l’attaque.

