Ad Banner

Sommet sur l’innovation de l’énergie nucléaire en Afrique: Kigali au cœur des ambitions énergétiques du continent

Sommet sur l’innovation de l’énergie nucléaire en Afrique: Kigali au cœur des ambitions énergétiques du continent

Le président Paul Kagame a officiellement ouvert, ce mardi 19 mai 2026 au Kigali Convention Centre, la deuxième édition du Sommet sur l’innovation de l’énergie nucléaire en Afrique.

Le chef de l’État rwandais était entouré des dirigeants africains et responsables internationaux de premier plan, notamment Samia Suluhu Hassan, présidente de la Tanzanie, Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil du Togo, ainsi que Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’International Atomic Energy Agency (IAEA).

Organisé du 18 au 21 mai 2026 sous le thème “Alimenter l’avenir de l’Afrique: transformer les ambitions nucléaires en investissements concrets”, le sommet réunit chefs d’État, régulateurs, investisseurs, institutions financières, industriels et partenaires technologiques afin d’examiner les voies concrètes permettant de transformer les ambitions nucléaires africaines en projets énergétiques viables et finançables.

Paul Kagame appelle à une coopération africaine renforcée

Dans son discours d’ouverture, le président Kagame a insisté sur le rôle stratégique de l’énergie nucléaire dans la transition énergétique propre et durable du continent africain.

“L’énergie nucléaire est de plus en plus reconnue comme faisant partie de la transition vers les énergies propres, et cela crée de nouvelles opportunités”, a déclaré le président rwandais.

Le chef de l’État a toutefois averti que l’Afrique ne pouvait se permettre d’avancer de manière fragmentée dans ce domaine hautement stratégique.

“Ce que l’Afrique ne peut pas se permettre, c’est la fragmentation. Si les pays travaillent de manière isolée, les progrès seront plus lents et beaucoup plus coûteux. La coopération en matière de réglementation, de financement et d’intégration énergétique régionale est essentielle”, a-t-il affirmé.

Selon Paul Kagame, le sommet doit désormais permettre de dépasser le stade des ambitions politiques pour entrer dans une phase de coordination pratique, de mobilisation des financements et de déploiement à grande échelle des infrastructures nucléaires sur le continent.

Le président rwandais a également rappelé que la croissance économique africaine ne pouvait être soutenue durablement sans un accès suffisant et fiable à l’électricité. Il a souligné que le déficit énergétique continue de freiner les investissements étrangers dans plusieurs pays africains, faute de garanties sur l’approvisionnement énergétique.

Le Rwanda vise l’énergie nucléaire dès le début des années 2030

Paul Kagame a révélé que le Rwanda avait achevé la première phase d’évaluation de son programme nucléaire, une étape importante dans la stratégie nationale visant à produire de l’électricité d’origine nucléaire dès le début des années 2030.

Le Rwanda prévoit notamment de développer une centrale nucléaire basée sur la technologie des Small Modular Reactors, ou “petits réacteurs modulaires”, construits en usine avant d’être transportés sur le site d’exploitation.

Selon les projections, les travaux de construction devraient débuter au début de l’année 2028 pour une durée estimée à deux ans.

Le président Kagame a également souligné que d’ici 2050, l’Afrique disposera d’une population jeune massive intégrant le marché de l’emploi, une dynamique démographique qu’il considère comme une opportunité économique majeure nécessitant une préparation immédiate et une coopération régionale renforcée.

L’Agence internationale de l’énergie atomique remet au Rwanda un rapport stratégique

Pendant la cérémonie d’ouverture, Rafael Mariano Grossi a remis au président Kagame le rapport de l’International Atomic Energy Agency sur l’examen intégré des infrastructures nucléaires, connu sous l’appellation INIR.

Ce document évalue les progrès réalisés par le Rwanda dans le développement des infrastructures nécessaires à la mise en place d’un programme électronucléaire sûr, sécurisé et durable.

La remise de ce rapport marque une étape stratégique, car elle ouvre désormais la voie à la deuxième phase du processus, centrée sur les discussions avec les partenaires techniques, les investisseurs et les fournisseurs de technologies nucléaires.

L’Afrique face au défi énergétique

Prenant la parole lors du sommet, Rafael Mariano Grossi a rappelé que près de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, faisant de la sécurité énergétique un enjeu majeur pour le continent.

Selon le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’intérêt pour l’énergie nucléaire connaît une croissance significative en Afrique, où près de la moitié des nouveaux pays engagés auprès de l’agence sont africains, tandis que treize États poursuivent activement des programmes nucléaires civils.

Il a souligné que le Rwanda figure parmi les pays africains qui envisagent le nucléaire comme un levier stratégique, avec l’objectif de porter cette source d’énergie à plus de 60 % de son mix énergétique d’ici 2050.

Rafael Mariano Grossi a également assuré que l’agence continuerait d’accompagner les pays africains dans le développement des infrastructures, le renforcement des capacités humaines ainsi que l’introduction de nouvelles technologies nucléaires, notamment les petits réacteurs modulaires.

Il a ajouté que les récents accords conclus entre l’Agence internationale de l’énergie atomique et des institutions financières internationales telles que le Group de la Banque Mondiale pourraient jouer un rôle décisif dans la transformation des ambitions africaines en projets concrets.

Samia Suluhu Hassan et Faure Gnassingbé pour une Afrique qui passe à l’action

La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a, pour sa part, souligné l’importance du nucléaire dans l’amélioration de l’accès à l’électricité en Afrique, la réduction de la pollution environnementale, le soutien à l’industrialisation ainsi que la promotion de l’innovation technologique.

Le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, a exhorté les pays africains à passer “de la réflexion à l’action concrète” en s’inspirant notamment de l’exemple rwandais.

Il a insisté sur la nécessité de placer la jeunesse africaine et les ressources locales au centre de la transition énergétique du continent.

“Cette énergie doit être conçue en Afrique et développée par les Africains”, a-t-il déclaré, plaidant également pour une plus grande unité institutionnelle afin de renforcer la crédibilité des projets nucléaires africains et faciliter leur financement.

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *