Assurance privée: des retraités laissés sans couverture santé
Lors d’une séance deevant la commission sociale et des droits humains du Sénat du Rwanda tenue lundi 20 octobre 2025, la ministre de la Fonction publique et du Travail, Christine Nkulikiyinka, a exposé les efforts du gouvernement en matière d’épargne-retraite, de contrôle de l’emploi et de protection des seniors.
Dans le même temps, les sénateurs ont dénoncé les failles critiques du système d’assurance maladie pour les travailleurs du secteur privé une fois à la retraite.
La ministre a indiqué que le gouvernement multiplie les initiatives pour inciter les Rwandais à épargner et à se préparer à la retraite. Elle a par ailleurs souligné que des réformes des lois du travail sont en cours, ainsi qu’un renforcement de l’inspection du travail afin de s’assurer que les salariés disposent de contrats conformes. Ces propos s’inscrivent dans les missions de son ministère: «institutionnaliser une administration publique performante et créer un environnement favorable à l’emploi décent».
Le point de discussion: l’assurance maladie des retraités du privé
Lors des échanges, certains sénateurs ont mis en lumière un problème pressant: les assureurs privés stoppent souvent la couverture santé des adhérents au moment de la retraite, ce qui les place dans une situation extrêmement vulnérable.
Un sénateur a rapporté le cas personnel de sa femme: bien qu’elle ait bénéficié d’une assurance privée via sa banque, elle a perdu cette protection une fois retraitée. Heureusement, la famille reste couverte par la couverture publique RAMA. Mais «ceux qui ne sont pas sous RAMA n’ont rien sur quoi compter», a-t-il dénoncé.
Le sénateur a aussi relevé que certains retraités, même disposant d’une pension confortable, peinent à adhérer à un nouveau plan d’assurance maladie après 60 ou 65 ans, les assureurs les considérant comme à haut risque.
Il a plaidé pour que les travailleurs du privé ayant cotisé au fond de pension puissant automatiquement bénéficier de l’assurance santé publique après leur activité.
«Une personne de 60 ans qui vit dans la peur ne peut pas vivre longtemps», a-t-il martelé. Les sénateurs ont donc proposé de mettre en place des plans durables de long terme pour garantir la couverture santé après la vie active.
La ministre Nkulikiyinka a reconnu la question et assuré que le gouvernement l’examinerait. «La protection des travailleurs du secteur public et privé est notre préoccupation», a-t-elle déclaré, précisant que le dossier serait discuté à fond.
Elle rappelle par ailleurs que selon la loi de 2015 sur les régimes d’assurance-maladie, les retraités couverts par le régime public (comme RAMA) continuent à bénéficier de la couverture après la retraite. En revanche, ceux assurés via des contrats privés dépendent des termes de leur contrat, sans garantie.

