Conférence de presse: Le président Kagame accuse Kinshasa d’armer les FDLR et de les intégrer dans les FARDC
Le président du Rwanda Paul Kagame a une nouvelle fois placé la question des FDLR au centre de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Lors d’une conférence de presse tenue lundi 24 août 2026 au Kigali Convention Centre, il a accusé Kinshasa de fournir des armes aux FDLR et d’intégrer certains de leurs éléments au sein des Forces armées de la RDC (FARDC).
Pour le chef de l’État rwandais, la présence des FDLR en territoire congolais constitue depuis des décennies la principale préoccupation sécuritaire du Rwanda. Il estime que toute solution durable au conflit dans l’Est de la RDC doit s’attaquer à cette question qu’il considère comme la “cause profonde” du problème.
“Le début de ce conflit ne vient pas du Rwanda, et ensuite on fait porter au Rwanda l’origine du problème. Le problème du Rwanda a toujours été les FDLR au Congo.”
Le président rejette la responsabilité du conflit
Répondant aux questions de journalistes locaux, régionaux et internationaux ainsi qu’à des créateurs de contenu venus de plusieurs pays africains, Paul Kagame a rejeté l’idée selon laquelle le Rwanda serait à l’origine de la crise actuelle dans l’Est de la RDC.

Selon lui, le Rwanda réagit avant tout à une menace qu’il considère comme persistante depuis la présence des FDLR en RDC.
Le président estime ainsi que les discussions de paix ne peuvent produire une solution durable si elles ne traitent pas simultanément les causes sécuritaires qui préoccupent le Rwanda.
Nous avons des preuves …
C’est toutefois sur le rôle de Kinshasa auprès des FDLR que Paul Kagame a formulé les accusations les plus directes.
Le président rwandais affirme que le Rwanda dispose, selon lui, de preuves et de témoignages démontrant une coopération entre les autorités congolaises, les FARDC et les FDLR.
Il accuse notamment Kinshasa de fournir des armes aux combattants des FDLR et d’intégrer certains d’entre eux dans l’armée congolaise.
Selon Kagame, les éléments permettant d’étayer ces accusations proviendraient notamment de témoignages d’anciens membres des FDLR, qu’ils aient quitté le mouvement volontairement ou qu’ils aient été capturés lors des combats.
Paul Kagame a également évoqué les anciens combattants des FDLR qui ont rejoint le Rwanda dans le cadre de programmes de démobilisation et de réintégration.
Il a notamment cité le centre de Mutobo, où les anciens combattants bénéficient d’un accompagnement destiné à faciliter leur réinsertion dans la société.
Le président rwandais s’est étonné que des représentants internationaux ayant, selon lui, été témoins de ces programmes continuent de minimiser la question des FDLR.
Dans un autre volet de son intervention, Paul Kagame a expliqué que le Rwanda continuerait à agir en fonction de ce qu’il considère comme ses impératifs de sécurité nationale.
“Nous nous comportons d’une manière qui nous protège, à n’importe quel prix. Nous ferons tout ce qui contribue à cette protection, de jour comme de nuit. Nous essaierons aussi de faire ce qui est juste. Nous sommes un pays qui ne peut pas se permettre de faire des erreurs.”
Lire aussi: “Le problème du Rwanda en RDC a toujours été les FDLR” – le Président Kagame
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