Forte hausse des prix du carburant et des tarifs de transport face aux tensions au Moyen-Orient
Le Rwanda a procédé à une nouvelle révision à la hausse des prix des produits pétroliers ainsi que des tarifs du transport public, dans un contexte de flambée des cours mondiaux liée au conflit au Moyen-Orient.
Selon l’office Rwandais de régulation (RURA), le prix maximum du litre d’essence est passé de 1 989 à 2 303 francs rwandais, soit une augmentation de 314 francs. Le diesel, quant à lui, a grimpé de 1 948 à 2 205 francs par litre, enregistrant une hausse de 257 francs.
Ces nouveaux prix, toutes taxes comprises, sont entrés en vigueur le 4 avril à 6 heures du matin. Il s’agit de la deuxième révision en un mois, après celle du 5 mars 2026.
Des ajustements dictés par le marché international
L’autorité de régulation explique que ces ajustements reflètent les tendances actuelles du marché international, marquées par une hausse significative des prix du pétrole brut, qui atteignaient récemment environ 112,4 dollars le baril.
Cette situation est largement imputée au conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran, qui perturbe les circuits d’approvisionnement mondiaux. La fermeture du détroit d’Hormuz — par lequel transite près de 20 % du pétrole consommé quotidiennement dans le monde — accentue les tensions sur les prix. L’Iran, qui revendique le contrôle de cette voie stratégique, y a déployé des dispositifs militaires renforçant les restrictions de navigation.
Hausse des tarifs du transport public
En parallèle, RURA a également revu à la hausse les tarifs du transport public, en raison de l’augmentation des coûts du carburant et des charges d’exploitation.
Dans la ville de Kigali, le tarif de base est désormais fixé à 59,28 francs rwandais par passager et par kilomètre. Pour les trajets interurbains, il s’établit à 41,58 francs par passager et par kilomètre. Ces nouveaux tarifs entre en vigueur le 6 avril.
L’autorité appelle par ailleurs la population à adopter des comportements responsables, notamment en planifiant efficacement les déplacements, en privilégiant les transports en commun et en évitant les trajets non essentiels, afin de réduire la consommation de carburant.
Le gouvernement se veut rassurant malgré les pressions
Cette annonce intervient quelques heures après une intervention du Premier ministre Justin Nsengiyumva, qui a reconnu les effets du conflit sur l’économie mondiale et nationale.
Il a souligné que les coûts du transport international sont en hausse, avec des répercussions visibles sur les prix des produits pétroliers et gaziers. Toutefois, il a appelé les opérateurs économiques à ne pas utiliser cette situation comme prétexte pour des augmentations injustifiées.
RURA a indiqué qu’elle continuera de suivre de près l’évolution du marché afin de garantir des prix équitables et la continuité des services.

