Hausse imminente des prix des produits pétroliers au Rwanda: le gouvernement appelle à la vigilance face aux tensions au Moyen-Orient
Le Premier ministre Justin Nsengiyumva a annoncé, ce vendredi 3 avril 2026, une hausse prochaine des prix des produits pétroliers au Rwanda, en raison des répercussions du conflit au Moyen-Orient. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse tenue au siège de la Primature à Kimihurura.
Une économie rwandaise résiliente malgré les incertitudes mondiales
D’emblée, le chef du gouvernement a dressé un tableau globalement positif de l’économie rwandaise. En 2025, la croissance économique a atteint 9,4 %, contre 8,9 % en 2024, bien au-dessus de la moyenne mondiale estimée à 3,3%.
Cette performance est soutenue par plusieurs secteurs clés, notamment les services, l’agriculture et l’industrie, qui ont contribué à dynamiser le commerce, renforcer la sécurité alimentaire et soutenir le secteur de la construction.
Selon le Premier ministre, les perspectives restent favorables, malgré un environnement international marqué par de nombreux défis.
Conflit au Moyen-Orient : des répercussions directes sur l’économie
Le Premier ministre a également évoqué les effets du conflit opposant notamment les États-Unis, Israël et l’Iran au Moyen-Orient. Cette crise a des conséquences directes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, en particulier dans les domaines de l’énergie et du transport.
Pour le Rwanda, plusieurs impacts sont déjà perceptibles :
- la perturbation de certaines routes commerciales, notamment vers les Émirats arabes unis ;
- une hausse attendue des coûts des importations ;
- une pression à la hausse sur les prix sur le marché local.
Face à cette situation, le gouvernement appelle les opérateurs économiques à faire preuve de responsabilité, en évitant toute spéculation ou hausse injustifiée des prix.
Une hausse des prix du carburant jugée inévitable
“Les prix vont augmenter”, a clairement indiqué le Premier ministre, soulignant que cette évolution n’est pas liée à une décision isolée du Rwanda, mais à une tendance globale observée sur les marchés internationaux.
Il a précisé qu’aucune augmentation n’a été décidée au cours du mois écoulé, alors que les prix ont déjà grimpé dans plusieurs régions du monde, notamment en Europe. Toutefois, la situation actuelle laisse peu de marge : une révision à la hausse est attendue dans les prochains jours.
Par ailleurs, le mécanisme d’ajustement des prix, habituellement fixé tous les deux mois, pourrait devenir plus fréquent — mensuel, voire toutes les deux semaines — en fonction de la volatilité des marchés internationaux.
Appel à la responsabilité collective
Pour atténuer les effets de cette hausse, le gouvernement préconise plusieurs mesures:
- appeler les citoyens à limiter les déplacements non essentiels ;
- privilégier les transports en commun ;
- soutenir les produits “Fabriés au Rwand”» ;
- accroître la production nationale pour réduire la dépendance aux importations.
Les autorités entendent également renforcer le suivi du marché et prendre, si nécessaire, des mesures adaptées pour protéger le pouvoir d’achat et la stabilité économique.
Contrairement à certains pays ayant adopté des mesures drastiques comme le rationnement ou la réduction des jours de travail, le Rwanda privilégie une approche adaptée à son contexte national. Le gouvernement indique par ailleurs avoir facilité l’approvisionnement des distributeurs de carburant afin d’éviter les ruptures.
« Le Rwanda surmontera cette crise »
Le Premier ministre s’est voulu rassurant, affirmant que le Rwanda dispose de l’expérience nécessaire pour faire face à ce nouveau choc économique.
“Ce n’est pas la première crise que nous traversons. Lors de la pandémie de COVID-19, nous avons fait preuve d’unité et nous nous en sommes sortis. Nous surmonterons également celle-ci ensemble”, a-t-il déclaré.
Autres priorités : santé et mémoire nationale
Sur le plan social, le Premier ministre a salué le taux élevé de couverture de la mutuelle de santé, qui atteint 88 % de la population. Il a toutefois promis des ajustements rapides, notamment concernant les nouveaux tarifs de contribution.
À la veille de la 32e commémoration du génocide contre les Tutsi, il a également insisté sur la nécessité de poursuivre la lutte contre l’idéologie génocidaire, en particulier à travers l’éducation des jeunes et la transmission d’une histoire fidèle.


