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L’Ambassadeur Martin Ngoga appelle la communauté internationale à agir contre la négation du génocide

L’Ambassadeur Martin Ngoga appelle la communauté internationale à agir contre la négation du génocide

Le Représentant permanent du Rwanda auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Martin Ngoga, a souligné que la communauté internationale doit impérativement réagir face aux signes avant-coureurs du génocide et combattre les actes de négation des crimes passés, qui constituent une voie dangereuse vers leur répétition.

Ses propos ont été tenus le 9 décembre lors de la commémoration du 10e anniversaire de la Journée internationale de commémoration et de dignité des victimes du génocide, consacrée à la mémoire des victimes et à la prévention de futures atrocités.

“Pour le Rwanda, cette journée revêt un caractère particulier, car cela fait 31 ans que le génocide contre les Tutsi a coûté la vie à plus d’un million de personnes”, a rappelé Amb. Ngoga. “La communauté internationale n’a pas failli par ignorance, mais par inaction.”

L’ambassadeur a insisté sur le fait que commémorer ne remplace pas la prévention et que la mémoire doit s’accompagner d’un engagement concret contre toute résurgence des discours de haine. Il a rappelé le rôle fondamental de la philosophie nationale rwandaise Ndi Umunyarwanda, fondée sur la vérité, la justice, l’unité et les solutions endogènes, pour reconstruire le pays après le génocide.

Amb. Ngoga a alerté sur la prolifération de propos discriminatoires et de violences ciblant des communautés entières, notamment dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon lui, ces discours sont similaires à ceux qui ont servi à diffuser l’idéologie génocidaire au Rwanda et constituent des signaux d’alarme inquiétants. “La négation du génocide n’est pas une opinion, c’est un acte violent. Elle représente la première étape vers la répétition, renforce les auteurs de ces crimes et traumatise à nouveau les survivants”, a-t-il affirmé.

Il a également dénoncé le manque de volonté politique dans certains pays pour traduire les suspects du génocide devant la justice. À ce jour, cinq Rwandais sont poursuivis au Royaume-Uni pour crimes liés au génocide, tandis que plus de 1 100 suspects se trouvent dans différents pays avec des mandats d’arrêt en attente, illustrant selon lui l’insuffisance de la coopération internationale.

Amb. Ngoga a salué le travail du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et du Mécanisme international appelé à poursuivre ses fonctions, tout en demandant que la justice soit appliquée de manière systématique et non de façon exceptionnelle.

Il a enfin appelé l’ONU à renforcer ses mécanismes de prévention avec la même rigueur qu’elle applique lors des interventions post-crises, mettant en garde contre la propagation rapide de la haine via les technologies modernes.

“L’échec à prévenir le génocide est un choix politique, et non une fatalité. La communauté internationale doit adopter le principe du ‘plus jamais ça’ comme norme de gouvernance et d’action collective”, a conclu Amb. Ngoga.

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