Le ministère de la Santé impose le triage médical avant toute formalité administrative
Par Anastase Rwabuneza
Le ministère de la Santé durcit le ton face aux défaillances constatées dans la prise en charge des patients. Dans une directive officielle datée du 27 mars 2026, le ministère de la Santé ordonne à toutes les structures sanitaires, publiques comme privées, de respecter strictement le principe du triage clinique prioritaire, avant toute procédure administrative ou vérification d’assurance.
Adressée à l’ensemble des responsables d’établissements de santé, des hôpitaux de référence aux centres de santé en passant par les structures privées, la note signée par le ministre de la Santé, Dr Sabin Nsanzimana, rappelle une instruction déjà émise en février 2020 mais dont l’application reste inégale sur le terrain.
Priorité absolue à l’évaluation médicale
Le ministère est formel: aucun patient ne doit être retardé, refusé ou redirigé en raison de formalités administratives en attente, notamment celles liées à la Mutuelle de santé ou à toute autre couverture d’assurance.
“Tous les établissements doivent d’abord prendre en charge le patient sur le plan clinique avant toute procédure administrative”, insiste la directive. Cette mesure vise à garantir une réponse médicale immédiate, en particulier dans les situations d’urgence où chaque minute peut être décisive.
La responsabilité de l’application de cette règle incombe directement aux dirigeants des structures de santé, appelés à renforcer les mécanismes de contrôle interne. Le ministère prévient que tout manquement, qu’il ait entraîné ou non des conséquences graves, exposera les établissements à des sanctions institutionnelles.
Une réaction aux dérives dénoncées par le chef de l’État
Cette décision intervient dans le sillage des critiques formulées par le président Paul Kagame lors d’une rencontre avec les responsables de l’administration centrale et locale, tenue le 23 mars 2026 à Gako, dans le district de Bugesera. Placée sous le thème “le citoyen au centre”, cette réunion a mis en lumière les insuffisances persistantes dans la qualité des services publics.
Le chef de l’État avait notamment dénoncé un cas dramatique survenu dans le district de Karongi : une femme enceinte aurait été refusée dans une structure de santé au motif qu’elle devait d’abord régulariser sa situation d’assurance maladie. Faute de prise en charge immédiate, elle est décédée à son domicile.
Un épisode que Paul Kagame a qualifié sans détour d’inacceptable, allant jusqu’à parler d’un acte “criminal” plutôt que d’une simple faute professionnelle.
À travers cette directive, les autorités entendent remettre le patient au cœur du système de santé et prévenir toute répétition de tels drames.
Le ministère appelle ainsi à une mobilisation immédiate de tous les acteurs du secteur pour garantir une application rigoureuse et durable de cette mesure, considérée comme essentielle pour restaurer la confiance des citoyens dans les services de santé.

