Nyundo: l’Église catholique a rendu un dernier hommage à Mgr Jean Marie Vianney Nsengumuremyi
Dans le silence recueilli de la prière, au milieu des chants liturgiques et des prières pour les défunts, la Cathédrale de Nyundo a accueilli, ce jeudi 3 septembre 2026, la célébration des obsèques de Mgr Jean Marie Vianney Nsengumuremyi, vicaire général du diocèse de Nyundo, décédé le dimanche 30 août, à l’âge de 76 ans.
Pendant plusieurs heures, la cathédrale et ses abords ont été marqués par le recueillement. Évêques, prêtres, religieux et religieuses, membres de sa famille, fidèles venus de différentes paroisses, représentants des autorités publiques, amis et nombreuses personnes qui avaient croisé son chemin se sont réunis pour lui rendre un dernier hommage et le confier à la miséricorde de Dieu.

La célébration eucharistique a été présidée par Son Éminence Antoine Cardinal Kambanda, archevêque de Kigali et président de la Conférence épiscopale du Rwanda. À ses côtés se tenaient les évêques catholiques du Rwanda, parmi lesquels des évêques émérites, ainsi qu’un grand nombre de prêtres venus accompagner leur confrère jusqu’à son dernier lieu de repos.
L’atmosphère était celle d’une Église en deuil, mais aussi d’une communauté rassemblée dans l’espérance chrétienne de la Résurrection.
Une vie consacrée au service de Dieu et de l’Église
Dans son homélie, Mgr Vincent Harolimana, évêque du diocèse de Ruhengeri, a évoqué avec émotion la longue vie sacerdotale de celui qu’il connaissait depuis près d’un demi-siècle.
Il a d’abord rendu grâce pour le don que fut la vie de Mgr Nsengumuremyi à l’Église, rappelant qu’il avait consacré une grande partie de son existence au ministère sacerdotal.
Né le 8 juillet 1950 à Shangi, dans l’actuel district de Rusizi, Jean Marie Vianney Nsengumuremyi avait été ordonné prêtre le 25 juillet 1977, à Nyundo, par Mgr Wenceslas Karibushi, alors évêque du diocèse.

Au fil des décennies, il avait exercé plusieurs responsabilités pastorales au sein du diocèse de Nyundo. Il avait notamment servi dans les paroisses de Busasamana, Kivumu, Gisenyi et Nyundo, avant de consacrer une part importante de son ministère à l’éducation catholique.
Pendant 22 ans, il fut responsable de l’éducation catholique dans le diocèse, contribuant ainsi à accompagner de nombreux jeunes dans leur parcours scolaire et humain. Son engagement en faveur de l’éducation et de la jeunesse constitue aujourd’hui l’un des aspects les plus marquants de son héritage.
En 2001, il fut nommé vicaire épiscopal du diocèse de Nyundo, fonction qu’il conserva au fil des années et sous plusieurs épiscopats. Après l’arrivée de Mgr Anaclet Mwumvaneza à la tête du diocèse en 2016, il continua à exercer cette mission.
En reconnaissance de son service à l’Église, le pape Benoît XVI lui avait accordé en 2011 le titre honorifique de Monseigneur.
Il était un homme de foi. Il nous laisse un héritage d’amour
Dans une homélie empreinte de gravité et de tendresse, Mgr Vincent Harolimana a dressé le portrait d’un homme dont la foi ne se limitait pas aux paroles, mais se manifestait dans le service quotidien.

“Il était un homme qui aimait Dieu et lui avait consacré toute sa vie”, a-t-il témoigné, soulignant la foi profonde de Mgr Nsengumuremyi, son dévouement au ministère sacerdotal et son attention particulière aux personnes pauvres, éprouvées ou en quête de consolation.
Pour l’évêque de Ruhengeri, le défunt laisse derrière lui bien davantage que le souvenir d’un prêtre ayant assumé de nombreuses responsabilités. Il laisse un témoignage de charité chrétienne et une manière d’être au milieu des autres.
Mgr Harolimana l’a décrit comme un homme de lumière, chaleureux, humble et accessible, capable de se rapprocher de personnes de tous horizons, sans distinction d’âge ou de condition sociale.
Il était, selon son témoignage, de ceux dont la présence mettait les autres à l’aise, dont la parole savait trouver sa place et son moment, et dont les conseils demeuraient empreints de sagesse.
Une amitié sacerdotale qui remontait à 1977
L’homélie a également pris la forme d’un témoignage personnel.
Mgr Harolimana a raconté avoir connu Mgr Nsengumuremyi depuis 1977, année de son ordination sacerdotale. Il l’avait d’abord observé alors qu’il était encore séminariste, avant de travailler directement avec lui après son propre ordination.
Leur parcours les avait ensuite conduits à partager pendant onze années la vie et le ministère au Petit Séminaire de Nyundo.
Cette proximité, a expliqué Mgr Harolimana, lui avait permis de découvrir non seulement le prêtre et le responsable ecclésial, mais surtout l’homme dans sa simplicité quotidienne.
Il a évoqué un confrère avec lequel il pouvait vivre dans une réelle liberté fraternelle, partager les repas, échanger et cheminer au quotidien sans jamais ressentir la distance que pourrait imposer la fonction de vicaire épiscopal.
Ce témoignage personnel a donné à la célébration une dimension particulièrement humaine: derrière les titres, les responsabilités et les fonctions ecclésiastiques demeurait le souvenir d’un frère prêtre, d’un compagnon de route et d’un ami.
L’épreuve du deuil et l’espérance chrétienne
La disparition de Mgr Nsengumuremyi, survenue de manière soudaine le 30 août, a profondément marqué le diocèse de Nyundo.
Selon les informations rapportées par le diocèse et la presse rwandaise, il avait été victime d’un malaise soudain et avait été conduit à l’hôpital de Gisenyi, où les médecins avaient tenté de lui sauver la vie, sans succès.
Face à cette disparition, Mgr Harolimana a invité les fidèles à ne pas laisser la douleur du deuil se transformer en désespoir.

S’appuyant sur l’exemple biblique de Job, il les a appelés à accueillir, dans la foi, la volonté de Dieu, même lorsque celle-ci demeure difficile à comprendre.
La liturgie des funérailles a ainsi placé le deuil dans cette tension propre à la foi chrétienne : celle des larmes devant la mort, mais aussi celle de l’espérance en la vie éternelle.
Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur
Lorsque la célébration s’est achevée, le silence de la prière a progressivement laissé place au dernier accompagnement.
Prêtres, religieux et religieuses, membres de la famille, fidèles et amis ont accompagné la dépouille de Mgr Jean Marie Vianney Nsengumuremyi vers le cimetière diocésain de Nyundo.
Après 76 années de vie, dont près de 49 années de ministère sacerdotal, celui qui avait consacré son existence au service de Dieu et de son peuple reposait désormais non loin de cette Église de Nyundo qu’il avait servie pendant des décennies.

Son départ laisse un vide dans le diocèse. Mais au terme de cette célébration, l’Église n’a pas seulement dit adieu à un serviteur. Elle a aussi rendu grâce pour une vie donnée.
Une vie marquée par la foi, le sacerdoce, le service, l’éducation, la fraternité et la charité. Et tandis que la communauté chrétienne confiait son serviteur à la terre, demeurait cette conviction qui traverse la prière chrétienne pour les défunts: “la mort n’a pas le dernier mot, car l’espérance chrétienne s’enracine dans la promesse de la Résurrection.”
Skip to content

