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PISA 2025: les résultats révèlent les défis majeurs de l’éducation au Rwanda

PISA 2025: les résultats révèlent les défis majeurs de l’éducation au Rwanda

Pour sa première participation au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), le Rwanda a obtenu des résultats nettement inférieurs à la moyenne de l’OCDE en sciences, en mathématiques et en compréhension de l’écrit.

Publiés le 8 septembre 2026 à Kigali, ces résultats constituent, selon les responsables de l’éducation, un signal important pour réorienter les efforts en faveur de la qualité des apprentissages.

PISA, organisé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ne mesure pas seulement la capacité des élèves à mémoriser leurs leçons. L’évaluation cherche surtout à déterminer s’ils savent mobiliser leurs connaissances pour résoudre des problèmes nouveaux et des situations de la vie réelle.

En 2025, plus de 760 000 élèves de 91 pays et économies ont participé à l’évaluation. Au Rwanda, 6 622 élèves de 213 établissements scolaires ont été évalués.

Des performances largement sous la moyenne de l’OCDE

L’echantion des élèves rwandais ages des 15 ans, ont obtenu une moyenne de 317 points en sciences, 312 en mathématiques et 301 en compréhension de l’écrit. Ces résultats sont très inférieurs aux moyennes de l’OCDE.

La compréhension de l’écrit apparaît comme le principal point faible. PISA évalue notamment la capacité à comprendre, utiliser et analyser des textes, et pas uniquement à les lire.

En sciences, seuls environ 10 % des élèves rwandais atteignent le niveau 2, considéré comme le niveau de compétence de base. En mathématiques, cette proportion est d’environ 8 %, contre 65 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Beaucoup de numérique, mais des résultats encore faibles

Un autre constat interpelle: les élèves rwandais déclarent utiliser les outils numériques à l’école pendant 3,2 heures par jour pour des activités d’apprentissage, contre 1,7 heure en moyenne dans l’OCDE.

Ils consacrent également 2,9 heures par jour aux activités de loisir sur ces appareils à l’école, contre 1,1 heure dans l’OCDE. L’enjeu n’est donc pas seulement l’accès aux ordinateurs, aux téléphones ou à Internet, mais surtout la qualité et la finalité de leur utilisation.

Des écarts entre filles et garçons

Les garçons obtiennent de meilleurs résultats que les filles dans les trois domaines évalués. En sciences, ils affichent 332 points contre 306 pour les filles. En mathématiques, l’écart est de 23 points, avec 325 points pour les garçons contre 302 pour les filles. En lecture, les garçons obtiennent également un léger avantage: 304 contre 298.

Une relative équité sociale, malgré des performances faibles

L’un des éléments plus encourageants concerne les écarts liés au milieu socio-économique. Selon l’analyse de l’OCDE, les différences de performance entre élèves favorisés et défavorisés sont relativement limitées au Rwanda par rapport à de nombreux autres systèmes éducatifs.

Cela suggère que l’accès aux possibilités d’apprentissage ne dépend pas exclusivement du niveau économique des familles. Mais cette relative équité ne signifie pas que les résultats sont satisfaisants: le principal défi reste d’élever le niveau général des apprentissages.

Absentéisme, harcèlement et soutien familial

PISA met également en évidence plusieurs facteurs qui peuvent affecter les performances scolaires. Environ 40 % des élèves rwandais déclarent avoir manqué au moins une journée de cours durant les deux semaines précédant l’évaluation, tandis que 42 % disent avoir manqué au moins un cours.

Le harcèlement constitue également une préoccupation: 57 % des élèves déclarent avoir subi au moins une forme de harcèlement plusieurs fois par mois ou davantage. Le cyberharcèlement est lui aussi associé à des performances plus faibles.

Le soutien familial apparaît par ailleurs comme un levier important. Les échanges réguliers entre parents et enfants sur la vie scolaire pourraient contribuer à mieux identifier les difficultés et à accompagner les élèves.

Sept pistes pour redresser les performances

À la lumière des résultats, les responsables rwandais de l’éducation envisagent notamment de cibler l’aide selon les besoins des élèves, réduire l’absentéisme et le décrochage, améliorer les performances des filles en sciences et en mathématiques, orienter davantage de ressources vers les établissements qui en ont le plus besoin, renforcer la sécurité scolaire et lutter contre le harcèlement, améliorer la communication entre familles et écoles, et renforcer l’enseignement des sciences et de l’anglais.

Le ministre de l’Éducation, Joseph Nsengimana, a reconnu que le Rwanda “n’est pas là où il souhaite être”, tout en présentant PISA comme un outil permettant d’identifier précisément les faiblesses du système et de prendre des décisions fondées sur les données.

Le Rwanda entend désormais tirer les leçons de cette première participation. Une rencontre régionale est prévue le 17 septembre à Kigali, avec la participation de pays africains engagés dans PISA ainsi que de systèmes éducatifs ayant enregistré des progrès significatifs. Le pays prévoit également de participer au prochain cycle de PISA en 2029, afin de mesurer l’effet des réformes engagées.

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Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias.
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