RDC–Rwanda: le ministre Nduhungirehe démonte les propos de Muyaya et dénonce une connivence FARDC–FDLR
Le ton monte entre deux ministres. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a fermement rejeté les déclarations du porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, accusé de nier les liens entre l’État congolais et les FDLR, un groupe armé composé en partie d’anciens responsables du génocide contre les Tutsi de 1994.
Kigali accuse une alliance “idéologique et militaire”
Dans un message publié sur le réseau X, le chef de la diplomatie rwandaise a dénoncé ce qu’il qualifie de contre-vérités, affirmant que les FDLR et les Forces armées de la RDC (FARDC) entretiennent des relations étroites.
Selon lui, ces deux entités “travaillent ensemble comme un père et son enfant”, partageant une même idéologie génocidaire—une accusation récurrente de Kigali dans le contexte du conflit dans l’est de la RDC.
Muyaya minimise la menace des FDLR
De son côté, Patrick Muyaya a soutenu que la question des FDLR ne devrait plus servir d’argument au Rwanda. Il affirme que la majorité de leurs combattants se trouveraient désormais dans des zones contrôlées par l’AFC/M23.
Il a également conditionné toute action contre ce groupe au retrait préalable des forces rwandaises des zones concernées, estimant que Kinshasa ne peut agir tant que la situation sécuritaire reste dominée par les rebelles.
Dans le même temps, Muyaya a évoqué des massacres de civils hutus dans certaines zones, tout en étant accusé par le Rwanda d’ignorer les violences visant les communautés tutsi congolaises.
Une guerre de récits autour des accords de paix
Les tensions verbales interviennent alors que les accords de paix de Washington, signés en 2025 sous médiation américaine, peinent à produire des نتائج concrètes.
Kinshasa accuse Kigali de violations, tandis que le Rwanda insiste sur un point central : la neutralisation des FDLR comme condition préalable à toute désescalade.
Pour Nduhungirehe, l’inaction congolaise sur ce dossier fragilise tout le processus de paix et entretient l’insécurité dans la région des Grands Lacs.
FDLR: un point de fracture majeur
Les FDLR restent au cœur du différend entre les deux pays. Ce groupe armé, issu en partie des forces responsables du génocide de 1994, est considéré par le Rwanda comme une menace directe pour sa sécurité.
Kigali affirme que plusieurs de ses membres ont été intégrés dans l’armée congolaise ou opèrent aux côtés des FARDC, ce que Kinshasa conteste.
Des estimations évoquent entre 7 000 et 10 000 combattants encore actifs sur le territoire congolais.
Pour le Rwanda, la position reste inchangée: aucune levée des mesures de défense tant que les FDLR ne sont pas démantelées.
Mais du côté congolais, les propos de Muyaya laissent entrevoir une réticence à engager cette voie, alimentant l’impasse actuelle.

