RDC–Rwanda: Sindimwo met en garde contre une “pression suspecte”
L’ancien vice-président du Burundi, Gaston Sindimwo, est monté au créneau pour défendre la posture sécuritaire du Rwanda, dénonçant les pressions internationales appelant Kigali à lever ses mesures de défense face à la menace persistante dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Demander de baisser la garde, c’est préparer une attaque
S’exprimant dans une interview accordée à une chaîne panafricaine, Sindimwo a jugé incompréhensible que le Rwanda soit sommé de lever ses dispositifs sécuritaires alors qu’il fait face, selon lui, à un danger réel.
“Vous me demandez d’enlever mes mesures de sécurité chez moi, que cherchez-vous ? Vous voulez m’attaquer”, a-t-il déclaré, mettant en doute les intentions de ceux qui exigent un allègement de la posture défensive rwandaise.
Il a également relativisé la portée des accords de Washington signés entre Kigali et Kinshasa, estimant qu’ils ne prennent pas suffisamment en compte la réalité des tensions sur le terrain.
La question des sanctions tournée en dérision
Alors que la RDC multiplie les appels à des sanctions internationales contre le Rwanda, Sindimwo s’est montré sceptique quant à leur efficacité.
Prenant l’exemple du Burundi, frappé par des sanctions en 2016, il a affirmé que celles-ci n’avaient pas empêché le pays de continuer à fonctionner.
“On nous a sanctionnés, et alors ? Nous avons continué à vivre. Ce sont des mesures destinées à faire peur”, a-t-il lancé.
Le facteur FDLR au cœur des tensions régionales
Les propos de Sindimwo s’inscrivent dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes autour de la présence des FDLR dans l’est de la RDC, un groupe armé que Kigali considère comme une menace directe à sa sécurité.
Les autorités rwandaises justifient leurs mesures défensives par la nécessité de se prémunir contre ce mouvement, composé en partie d’éléments liés au génocide contre les Tutsi de 1994.
Le président Paul Kagame a d’ailleurs réaffirmé à plusieurs reprises que son pays ne pouvait rester passif face à ce qu’il qualifie de menace existentielle à ses frontières.
Dans ce contexte, Sindimwo apporte un soutien clair à la ligne défendue par le Rwanda. Il estime qu’aucun dirigeant responsable ne peut renoncer à protéger son pays sous pression extérieure.
Pour lui, la priorité reste la sécurité nationale, quitte à assumer les critiques ou les tensions diplomatiques.
Ces déclarations illustrent une nouvelle fois la fracture persistante entre les positions de Kigali et de Kinshasa :
- Le Rwanda insiste sur la menace des FDLR et le droit à la légitime défense
- La RDC réclame des sanctions et conteste cette lecture sécuritaire

