Rwanda–FMI: un accord de 250 millions de dollars pour soutenir l’économie face aux chocs mondiaux
Le gouvernement du Rwanda et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord technique portant sur un nouveau programme de financement d’environ 250 millions de dollars, destiné à soutenir l’économie nationale dans un contexte international incertain.
Annoncé à Kigali le 2 avril 2026, cet accord, conclu au niveau des services du FMI, s’inscrit dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) pour une durée de 38 mois. D’un montant de 185 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), il doit encore être validé par la direction et le Conseil d’administration de l’institution, une approbation attendue en juin prochain.
Un programme axé sur les réformes et la stabilité
Ce nouveau programme vise à accompagner les efforts du Rwanda pour maintenir la dynamique des réformes économiques, renforcer la gestion macroéconomique et reconstituer les marges de manœuvre budgétaires. Il repose sur trois priorités principales:
- la cohérence des politiques économiques,
- la maîtrise des risques budgétaires et de la dette, et
- la promotion d’une croissance tirée par le secteur privé, avec une meilleure gouvernance des entreprises publiques.
Le ministre des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, a salué cet accord, estimant qu’il contribuera à atténuer les effets de la guerre au Moyen-Orient et de la baisse des appuis budgétaires extérieurs, tout en soutenant les ambitions d’investissement et de transformation structurelle du pays.
Une économie résiliente mais sous pression
L’économie rwandaise a affiché une croissance remarquable de 9,4 % en 2025, dépassant largement les prévisions. Cette performance a été soutenue notamment par les exportations de café et de minerais, tandis que les réserves de change demeurent solides, couvrant plus de quatre mois d’importations.
Cependant, des tensions persistent. L’inflation a atteint 9,2 % en février 2026, au-dessus de l’objectif de la banque centrale, tandis que les importations, notamment d’équipements pour les entreprises locales, restent élevées.
Selon le chef de mission du FMI, Albert Touna Mama, l’économie rwandaise reste « résiliente », mais demeure exposée à plusieurs risques, notamment la prolongation du conflit au Moyen-Orient et le resserrement des conditions de financement internationales.
Des perspectives freinées par les chocs externes
Le conflit au Moyen-Orient pèse déjà sur les perspectives économiques du pays. La croissance devrait ralentir à 6,8 % en 2026, sous l’effet de la hausse des prix mondiaux du pétrole et des engrais, ainsi que des besoins de financement liés aux grands projets d’investissement.
Par ailleurs, la volatilité des prix des matières premières, la faiblesse de la demande mondiale, les tensions géopolitiques et le durcissement des conditions financières internationales constituent autant de risques pour l’économie rwandaise.
Réformes et discipline budgétaire au cœur du programme
Face à ces défis, le Rwanda s’engage à poursuivre des réformes visant à consolider la stabilité économique, réduire les déséquilibres extérieurs et renforcer les bases d’une croissance durable portée par le secteur privé.
Le programme prévoit notamment la mise en œuvre d’un cadre budgétaire crédible à moyen terme, un meilleur contrôle des investissements financés par des ressources extérieures, ainsi qu’une gestion renforcée des risques. Il insiste également sur la nécessité de préserver les dépenses sociales et prioritaires afin de garantir la soutenabilité de la dette.
Sur le plan monétaire, la Banque nationale du Rwanda devrait maintenir une politique restrictive afin de ramener l’inflation vers son objectif de 5 %. Une plus grande flexibilité du taux de change est également envisagée pour absorber les chocs externes et renforcer les réserves internationales.
Les autorités rwandaises ont salué la qualité des échanges avec le FMI et réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre les réformes prévues.
“Le gouvernement reste déterminé à appliquer ce programme afin de protéger les Rwandais contre les chocs extérieurs tout en construisant une économie plus solide et plus autonome”, a souligné le ministre Yusuf Murangwa.

