Le président Kagame aux jeunes Rwandais: “C’est à vous de faire les bons choix, coûte que coûte”
Dans une ambiance rythmée par les acclamations et une écoute attentive, le président Paul Kagame a livré, mercredi 21 octobre 2026, au BK Arena à Kigali, un message empreint de fermeté et de bienveillance à la jeunesse rwandaise. À travers des conseils sur la discipline, la santé et les valeurs sociales, il a invité les jeunes à prendre leur avenir en main, illustrant ses propos par deux expériences personnelles.
S’adressant aux jeunes comme un parent qui conseille ses enfants, le chef de l’État les a exhortés à se protéger de l’alcool, des drogues et des comportements susceptibles de compromettre leur avenir.

Près de 10 000 jeunes venus de tous les districts du Rwanda réunis au BK Arena, à Kigali, pour la rencontre “Meet the President”. © Urugwiro“C’est à vous de faire les bons choix, coûte que coûte”, a-t-il insisté, rappelant que les conseils des parents, des responsables et des autres personnes ne produisent des changements durables que lorsqu’ils sont compris et acceptés personnellement.
Pour illustrer cette responsabilité individuelle, le président a évoqué une émission radiophonique de son enfance, Wari Uzi Ko ? (« Le saviez-vous ? »), qui lui avait appris certaines pratiques traditionnelles de soin. Plus tard, après s’être blessé, il s’était souvenu d’un remède à base de feuilles d’herbes et l’avait appliqué sur sa plaie. Cette expérience lui a rappelé l’importance des connaissances acquises et de la capacité à les mobiliser au moment opportun.
Il a ainsi encouragé les jeunes à apprendre, à travailler et à rechercher constamment ce qui contribue à leur bien-être, tout en évitant ce qui peut leur nuire.
Deux exemples vécus pour illustrer les dangers de l’alcool et du gaspillage
Le président a partagé deux expériences personnelles pour rendre ses conseils plus concrets:
La première concernait un ancien collaborateur dont la consommation d’alcool avait progressivement pris le dessus sur la vie quotidienne. Malgré les efforts entrepris pour l’aider, cette personne devenait parfois introuvable en soirée. Un soir, il a demandé aux des agents de sécurité de la lui chercher. Ils l’ont amené dans un état d’ébriété avancée: incapable de se déplacer normalement, il devait s’appuyer contre les murs pour monter les escaliers. Le lendemain, une fois sobre, il a pu discuter avec le président, qui a finalement reconnu les limites de ses tentatives pour l’aider.
À travers cet épisode, le president Kagame a rappelé que l’alcool ne résout pas les problèmes: il agit plutôt comme un anesthésiant qui en masque temporairement les difficultés.
Le second exemple portait sur un jeune homme dont il avait financé les études jusqu’au niveau du master à l’étranger. Lorsque celui-ci lui a annoncé son projet de mariage, il lui a présenté un budget avoisinant dix millions de francs rwandais. Estimant certaines dépenses excessives, le président lui a proposé de revoir les préparatifs: remplacer un hôtel coûteux par une réception sous une belle tente dans les jardins de Village Urugwiro, prendre en charge certains besoins vestimentaires et supprimer l’alcool du budget de la célébration.
Il lui a aussi promis de lui remettre les dix millions après le mariage, afin qu’il puisse investir cet argent dans la construction de son foyer. Le message était clair: au-delà de la célébration, il faut privilégier les dépenses utiles et les choix qui construisent durablement l’avenir.
Discipline et valeurs: commencer par soi-même
Revenant sur les comportements sociaux, le chef de l’État a invité les jeunes à réfléchir aux valeurs qu’ils souhaitent défendre, notamment au regard des principes de kirazira, ces interdits et repères traditionnels qui contribuent à définir ce qui est socialement acceptable.
Il les a appelés à faire preuve de discernement, y compris sur les réseaux sociaux et dans leur manière de s’habiller selon les circonstances, sans adopter aveuglément des pratiques observées ailleurs.
Pour le président, la discipline ne peut être imposée de l’extérieur: elle doit naître d’une conviction personnelle et se traduire dans les actes, avec le souci des autres.
“On ne vit pas uniquement pour soi, mais c’est par soi-même qu’il faut commencer”, a résumé son message.
Tout en reconnaissant que chacun peut se tromper, il a encouragé les jeunes à ne jamais désespérer: quel que soit le moment où ils prennent conscience de leurs erreurs, il reste possible de changer de direction et de reconstruire sa vie.
Skip to content

