Sommet de COMESA: le Rwanda appelle à lever les barrières commerciales et à accélérer l’industrialisation
Le Rwanda appelle les pays membres du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) à traduire leurs engagements en actions concrètes pour accélérer l’intégration économique régionale. Le Premier ministre rwandais, Justin Nsengiyumva, a défendu cette orientation lors du 25ᵉ sommet des chefs d’État et de gouvernement de cette organisation, auquel il participait au nom du président Paul Kagame.
Dans son discours, le chef du gouvernement, représentant le président Paul Kagame au 25ᵉ sommet des chefs d’État et de gouvernement, a souligné qu’aucun pays ne pouvait réaliser seul ses ambitions de développement dans une économie mondiale de plus en plus compétitive. Il a ainsi insisté sur la nécessité de mutualiser les capacités des États membres, de renforcer leurs échanges et de bâtir un marché régional favorable aux entreprises et aux populations.

Organisé à Harare ce 22 octobre 2026 sous le thème “Un marché, un avenir: promouvoir une industrialisation inclusive, l’investissement et l’intégration régionale au sein du COMESA”, le sommet met l’accent sur le renforcement de l’intégration économique, la promotion des investissements et de l’industrialisation ainsi que le développement des chaînes de valeur régionales.
Supprimer les obstacles aux échanges commerciaux
Le Premier ministre a d’abord insisté sur la nécessité de passer des engagements à leur mise en œuvre effective. Il a appelé à intensifier les efforts visant à éliminer les obstacles non tarifaires, à simplifier les procédures douanières, à améliorer la transparence des réglementations commerciales et à harmoniser les processus entre les États membres.
Il a également souligné l’importance de renforcer les mécanismes de résolution des difficultés liées aux échanges commerciaux.
Dans cette perspective, il a plaidé pour la poursuite de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), avec le soutien du COMESA, afin de faciliter la circulation des biens et des services entre les différentes communautés économiques régionales du continent.
Investir dans l’industrie et les chaînes de valeur
Le deuxième axe défendu par le chef du gouvernement rwandais concerne la mobilisation d’investissements importants et durables. Il a appelé à renforcer la promotion et la facilitation des investissements transfrontaliers, à améliorer l’accès au financement et à développer des partenariats permettant aux entreprises de saisir les opportunités offertes par le marché régional.
L’industrialisation constitue également une priorité. Selon Justin Nsengiyumva, elle est essentielle pour créer des emplois productifs, diversifier les économies nationales et réduire la dépendance aux importations, qu’il s’agisse de produits agricoles ou de biens manufacturés.
Il a ainsi encouragé les pays membres à développer des chaînes de valeur régionales dans les secteurs où leurs capacités sont complémentaires et où le potentiel de croissance est important. Cette approche doit permettre de mieux valoriser les ressources disponibles et de renforcer les capacités de production des économies de la région.
Le numérique au service du commerce
La transformation numérique constitue le troisième axe majeur de son intervention. Selon le Premier ministre, les technologies peuvent contribuer à surmonter les obstacles persistants au commerce en simplifiant les transactions transfrontalières, en modernisant les administrations douanières et en améliorant l’accès aux informations sur les marchés.
Elles peuvent également faciliter la circulation des biens, des services et des personnes.
À cet égard, Dr Justin Nsengiyumva a rappelé que le Rwanda avait accueilli, en août 2026, une réunion de consultation des parties prenantes consacrée à l’élaboration de deux stratégies régionales du COMESA: l’une sur l’intelligence artificielle et l’autre sur l’inclusion numérique. Il a réaffirmé l’engagement du Rwanda à contribuer à ces initiatives pour favoriser l’émergence d’un marché plus connecté et inclusif.
En conclusion, le Premier ministre a appelé les États membres à saisir les possibilités offertes par une région plus résiliente et prospère, plutôt que de rester vulnérables aux incertitudes économiques mondiales et aux évolutions de la situation politique internationale.
“Un marché, un avenir” ne doit plus rester une simple aspiration, a-t-il insisté, soulignant que les divisions et les obstacles persistants ont un coût pour tous les pays concernés.
Le sommet de Harare doit également permettre d’examiner les progrès accomplis et de lancer le Plan stratégique à moyen terme du COMESA pour la période 2026-2030.
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