MOP38 à Kigali: Premier ministre Nsengiyumva appelle à accélérer la transition vers un refroidissement durable
Le Premier ministre rwandais, Dr Justin Nsengiyumva, a appelé la communauté internationale à aller au-delà des engagements et à accélérer la mise en œuvre de solutions de refroidissement durables, accessibles et respectueuses du climat. Il s’exprimait jeudi 5 novembre 2026 à Kigali, à l’ouverture du segment de haut niveau de la 38ᵉ réunion des Parties au Protocole de Montréal (MOP38).
Le chef du gouvernement a rappelé que Kigali avait accueilli, dix ans plus tôt, l’adoption de l’Amendement de Kigali, qui prévoit la réduction progressive de l’utilisation des hydrofluorocarbures (HFC), des substances utilisées notamment dans les équipements de réfrigération et de climatisation et qui contribuent au réchauffement climatique.
Pour le Dr Justin Nsengiyumva, cet accord historique a démontré la capacité de la communauté internationale à répondre collectivement à un défi mondial, tout en tenant compte des réalités et des besoins de développement propres à chaque pays.
Il a également souligné que la mise en œuvre complète de cet amendement contribuerait à la protection du climat et au bien-être des générations actuelles et futures.
Le refroidissement, un enjeu de santé et de développement
Le Premier ministre a insisté sur le fait que l’accès au refroidissement ne relève pas uniquement du confort, mais constitue aussi un enjeu de santé publique, de dignité humaine et de développement économique.
Il a notamment évoqué l’importance de la chaîne du froid pour les agriculteurs, qui peuvent ainsi conserver leurs récoltes et accéder aux marchés, ainsi que pour les professionnels de santé, qui doivent garantir la conservation et la distribution des vaccins et des médicaments essentiels, y compris dans les communautés éloignées.

L’accès à des solutions de refroidissement est également devenu crucial face à la multiplication des épisodes de chaleur extrême, particulièrement pour les populations les plus vulnérables.
Toutefois, des millions de personnes, notamment en Afrique, n’ont toujours pas accès à des équipements de refroidissement fiables, en raison notamment d’un accès limité ou irrégulier à l’électricité.
Dr Justin Nsengiyumva a ainsi plaidé pour des solutions économes en énergie et respectueuses du climat, accompagnées d’investissements dans les infrastructures, la formation et le développement des industries locales.
Le Rwanda mise sur la coopération et l’innovation
Le chef du gouvernement a cité le Centre africain d’excellence pour le refroidissement durable et la chaîne du froid (ACES), établi au Rwanda avec une vocation panafricaine, comme une illustration des efforts engagés dans ce domaine.
Cette initiative associe recherche, formation, développement technologique et applications pratiques pour promouvoir des solutions de refroidissement durables sur le continent.
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la coopération Sud-Sud et les partenariats internationaux, estimant qu’aucun pays ne peut mener seul cette transition. Ces collaborations doivent permettre aux pays en développement de mobiliser les compétences, les ressources et les expériences nécessaires, mais aussi de participer pleinement à la définition des solutions.
Revenant sur le dixième anniversaire de l’Amendement de Kigali, il a appelé les États à dépasser les exigences minimales et à respecter pleinement leurs engagements, tout en renforçant les investissements et la solidarité internationale.
“La prochaine décennie ne devra pas être définie uniquement par les engagements que nous prenons, mais par les résultats que nous obtenons”, a-t-il déclaré.
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