Incendies et fermetures de bâtiments à Kigali: la sécurité des infrastructures commerciales au cœur des préoccupations
Après plusieurs incendies ayant causé d’importants dégâts matériels à Kigali et à Musanze, la sécurité des infrastructures commerciales fait l’objet d’une attention accrue des autorités. En deux semaines, la Ville de Kigali a ordonné la fermeture temporaire de 15 bâtiments et installations commerciales pour non-respect des normes de sécurité incendie. Une mesure destinée à prévenir de nouveaux sinistres, protéger les vies humaines et garantir de meilleures conditions d’intervention aux équipes de secours.
La multiplication des infrastructures commerciales et artisanales de grande capacité au Rwanda pose de nouveaux défis en matière de sécurité. Les petits marchés traditionnels et les espaces ouverts cèdent progressivement la place à des bâtiments à plusieurs étages, des centres commerciaux et des complexes artisanaux regroupant parfois plus d’une centaine de personnes.
Dans ces espaces, où cohabitent commerces, ateliers de menuiserie, activités de soudure et entrepôts, les risques d’incendie nécessitent des dispositifs de prévention adaptés. Au-delà des équipements de lutte contre le feu, la sécurité repose également sur des installations conformes, des sorties de secours accessibles, des plans d’évacuation et des voies permettant aux véhicules des pompiers d’approcher rapidement les bâtiments.
Les récents incendies survenus à Kigali et à Musanze ont remis ces exigences au centre des préoccupations.
Le 4 novembre 2026, la Ville de Kigali a annoncé la fermeture temporaire de dix bâtiments et infrastructures commerciales pour non-respect des normes de sécurité incendie. Cette décision, qui prend effet le vendredi 6 novembre à 19 heures, porte à quinze le nombre d’établissements concernés en deux semaines.
Les dix infrastructures visées sont Catchup Building à Gisimenti, Agakiriro de Gatenga, Agakiriro de Gahanga, Rwanda Foam Showroom à Gikondo, KAL Plaza à Gikondo, N&B Plaza à Kigarama, Eden Tower, Matheus House, Ntaganzwa House et Ndaru Arcade, ces quatre derniers étant situés dans le district de Nyarugenge.
Cette mesure fait suite à une première décision annoncée le 30 octobre, concernant cinq autres établissements: Agakiriro de Kabuga, le bâtiment Umukindo et Comejoga à Gisozi, ASMMS Ltd à Kicukiro ainsi que le marché Gahoromani.
Selon la Ville de Kigali, ces infrastructures ne respectaient pas les exigences de sécurité incendie, exposant ainsi les personnes et les biens à des risques. Les fermetures doivent permettre aux propriétaires et aux gestionnaires de mettre en œuvre les mesures correctives nécessaires.
Les autorités précisent que ces fermetures ne sont pas nécessairement définitives. Les établissements pourront reprendre leurs activités dès qu’ils auront satisfait aux normes de sécurité exigées. Pour les cinq premières infrastructures concernées, la Ville a également demandé aux propriétaires de ne pas percevoir de loyers pendant la période de fermeture. Les commerçants disposant de marchandises périssables ou de biens nécessitant un retrait urgent ont été invités à les récupérer avant l’entrée en vigueur de la mesure.
Des incendies aux lourdes conséquences économiques
Le renforcement des contrôles intervient après plusieurs incendies ayant affecté des infrastructures commerciales et artisanales au cours des dernières semaines.

Le 10 octobre 2026, un important incendie a ravagé GOICO Plaza, présenté comme le plus grand marché du district de Musanze. Le sinistre a détruit des marchandises dont la valeur a été provisoirement estimée à plus de 24 milliards de francs rwandais, certaines évaluations préliminaires évoquant jusqu’à 30 milliards.
Aucune perte en vies humaines n’a été signalée. Toutefois, les commerçants ont subi d’importantes pertes financières. À la suite du sinistre, plusieurs d’entre eux ont soulevé des problèmes liés à la surpopulation des espaces commerciaux, aux pénuries d’eau, à l’accès limité aux équipements de lutte contre les incendies et à l’état de certains dispositifs de sécurité, notamment des équipements périmés.
À Kigali, les incendies survenus le 25 octobre à Kabeza, dans un bâtiment abritant le bar Sport Light Lounge, et à Gisozi Trading Centre ont également causé des dégâts matériels.
À Gisozi, les flammes ont touché plusieurs locaux, notamment des ateliers et des espaces de stockage liés aux activités artisanales. Malgré l’intervention des équipes de secours, plusieurs exploitants ont enregistré des pertes importantes.
Un autre incendie a touché des ateliers de menuiserie dans le district de Kicukiro, endommageant plusieurs installations.
Ces sinistres ont lourdement affecté les activités des commerçants et des artisans. Si aucune perte humaine n’a été signalée dans les événements évoqués, les dégâts matériels ont parfois représenté la disparition de plusieurs années d’investissement. Certains exploitants ont également subi un choc psychologique face à la perte de leurs marchandises et de leurs moyens de subsistance.
L’accès des pompiers, un enjeu majeur de prévention
Au-delà des fermetures administratives, ces événements mettent en évidence la nécessité de renforcer les dispositifs de sécurité dans les infrastructures accueillant un grand nombre de personnes.
La prévention des incendies ne se limite pas à la présence d’extincteurs. Elle suppose des installations électriques conformes, des systèmes d’alarme et de détection de fumée, des équipements de lutte contre le feu fonctionnels ainsi que des réserves d’eau suffisantes.
La configuration des bâtiments doit également permettre une évacuation rapide et ordonnée des occupants. Les sorties de secours doivent rester accessibles, tandis que les voies de circulation doivent être suffisamment dégagées pour éviter les mouvements de panique et faciliter l’intervention des secours.
L’accès des véhicules de pompiers constitue un autre enjeu essentiel. Dans les zones commerciales et artisanales densément occupées, les passages encombrés, les constructions rapprochées et l’absence de voies adaptées peuvent compliquer les opérations d’intervention et retarder la maîtrise des flammes.
Les équipes de secours doivent pouvoir accéder rapidement aux bâtiments, atteindre les foyers d’incendie et disposer de points d’eau et d’équipements opérationnels. Les plans d’évacuation et les exercices de sécurité sont également indispensables pour permettre aux travailleurs, commerçants et visiteurs de connaître les conduites à tenir en cas d’urgence.
À travers les inspections et les fermetures temporaires, la Ville de Kigali entend ainsi contraindre les propriétaires et les gestionnaires à corriger les insuffisances constatées avant la reprise des activités.
L’enjeu est désormais de faire de la sécurité une composante essentielle de la modernisation des infrastructures commerciales et artisanales du Rwanda. Il s’agit non seulement de prévenir de nouveaux incendies, mais aussi de protéger les vies humaines, de préserver les investissements et de garantir que les services de secours puissent intervenir efficacement lorsqu’un sinistre survient.
Skip to content

